LA FRANCE PITTORESQUE
Summum jus, summa injuria
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Publié le samedi 1er décembre 2012, par LA RÉDACTION
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Le droit poussé trop loin est une souveraine injustice
 

Proverbe célèbre parmi les anciens, qui estimaient avec raison que s’attacher trop rigoureusement à la lettre de la loi, sans considérer l’esprit et les intentions du législateur, c’était souvent s’exposer à commettre de grandes injustices.

Térence a dit de même : Jus summum, saepe summa est malitia.

Pierre de Montmaur, professeur au collège de France au commencement du XVIIe siècle, le plus savant homme et le plus fameux parasite de son temps, dînait quelquefois chez le chancelier de France, qui appréciait son esprit et ses talents. Mais les valets le bafouaient, à l’insu de leur maître, à cause de sa pauvreté.

Un jour un d’eux, en relevant un plat de dessus la table, répandit malicieusement, sur Montmaur, toute la sauce que ce plat contenait. Montmaur souffrit patiemment l’injure, et, s’adressant au chef de la justice, qui était désolé de ce qu’il croyait être un accident, il lui dit : « Votre Grandeur doit connaître cet axiome : Summum jus, summa injuria », faisant allusion au mot jus, qui signifie également sauce et droit. On rit avec raison de la finesse de l’à-propos.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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