LA FRANCE PITTORESQUE
20 octobre 1587 : bataille de
Coutras, gagnée par Henri,
roi de Navarre (depuis Henri IV)
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Publié le vendredi 19 octobre 2012, par LA RÉDACTION
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Dès l’an 1586, la neuvième guerre civile s’était allumée entre les catholiques et les protestants. Cette guerre fut appelée des trois Henri ; savoir Henri III, roi de France, Henri, roi de Navarre, et Henri, duc de Guise. Le premier à la tête des royalistes, le second à la tête des protestants, et le troisième chef des ligueurs, également ennemis des deux premiers partis.

Bataille de Coutras
Bataille de Coutras

Le roi de Navarre s’étant avancé pour joindre, en Bourgogne, les Allemands qui venaient renforcer son armée, le duc de Joyeuse, général de Henri III, vint à sa rencontre pour lui fermer le passage. On en vint aux mains près de Coutras en Guyenne. Avant le commencement de l’action , le roi de Navarre se tourne vers le prince de Condé et le duc de Soissons, et leur dit avec cette confiance qui précède la victoire : « Souvenez-vous que vous êtes du sang des Bourbons ; et vive Dieu ! je vous ferai voir que je suis votre aîné. — Et nous, lui répondirent les deux princes, nous vous ferons voir que vous avez de bons cadets. »

Henri s’apercevant, dans la chaleur de l’action, que quelques-uns des siens se mettaient devant lui, pour couvrir sa personne, leur criait : « A quartier, je vous prie ! ne m’offusquez pas la vue. »

Cette journée commença la haute réputation du roi de Navarre : on le vit combattre en soldat à la tête de ses troupes, faire des prisonniers de sa main, et montrer, après la victoire, autant d’humanité et de modestie, que de valeur pendant la bataille. Il donna des larmes au sort infortuné du duc de Joyeuse, tué de sang-froid après le combat. Un an auparavant le duc avait fait passer au fil de l’épée un détachement qu’il avait surpris au Mont Saint-Eloi. Cette barbarie fut vengée par une autre ; et quoiqu’il offrit cent mille écus pour racheter sa vie, ceux qui l’avaient fait prisonnier le massacrèrent en criant : « Le Mont Saint-Eloi ! »

Le roi de Navarre ne profita pas de sa victoire, et retourna dans le Béarn, où il était amoureux de Corisande d’Andoin, comtesse de Grammont.

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