LA FRANCE PITTORESQUE
14 octobre 1066 : bataille d’Hastings
et conquête de l’Angleterre par Guillaume,
duc de Normandie
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Publié le vendredi 12 octobre 2012, par LA RÉDACTION
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Saint Edouard, roi d’Angleterre, étant mort, les vœux de la nation appelèrent Harold à la couronne ; mais Guillaume, fils naturel de Robert, duc de Normandie, prétendit qu’Edouard l’avait désigné pour lui succéder au trône d’Angleterre. Il reçut du pape un étendard béni, un cheveu de saint Pierre, et une bulle d’excommunication contre ses ennemis.

C’était se jouer de la religion ; mais les peuples étaient accoutumés à ces profanations, et les princes en profitaient. Guillaume partit de Saint-Valery avec une flotte nombreuse ; il aborda sur les côtes de Sussex, et bientôt après se donna dans cette province la fameuse bataille d’Hastings, qui décida seule du sort de l’Angleterre.

Les anciennes chroniques nous apprennent qu’au premier rang de l’armée normande, un écuyer, nommé Taillefer, monté sur un cheval armé, chanta la chanson de Roland, qui fut si longtemps dans la bouche des Français, sans qu’il en soit resté le moindre fragment. Ce Taillefer, après avoir entonné la chanson que les soldats répétaient, se jeta le premier parmi les Anglais, et fut tué. Le roi Harold et le duc de Normandie quittèrent leurs chevaux, et combattirent à pied : la bataille dura six heures.

La gendarmerie à cheval qui commençait à faire ailleurs toute la force des armées, ne paraît pas avoir été employée dans cette journée. Les troupes, de part et d’autre, étaient composées de fantassins. Harold et deux de ses frères y furent tués. Le vainqueur s’approcha de Londres, portant devant lui la bannière bénite, que le pape lui avait envoyée. Cette bannière fut l’étendard auquel tous les évêques se rallièrent en sa faveur : ils vinrent aux portes avec le magistrat de Londres, lui offrir la couronne qu’on ne pouvait refuser au vainqueur.

Quelques auteurs appellent ce couronnement une élection libre, un acte d’autorité du parlement d’Angleterre : c’est précisément le droit des esclaves faits à la guerre, qui accorderaient à leur maître le droit de les fustiger. Guillaume, qui avait reçu une bannière du pape pour cette expédition, lui envoya en récompense l’étendard du roi Harold, tué dans la bataille, et une petite partie du petit trésor que pouvait avoir alors un roi anglais. C’était un présent considérable pour le pape Alexandre II, qui disputait encore son siège à Honorius II, et qui, sur la fin d’une longue guerre civile dans Rome, était réduit à l’indigence.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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