LA FRANCE PITTORESQUE
6 octobre 1671 : mort du
poète Pierre Patrix
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Publié le jeudi 4 octobre 2012, par LA RÉDACTION
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Pierre Patrix, né à Caen en 1583, d’un conseiller au bailliage, fut élevé par son père dans l’étude des lois ; mais il quitta le barreau pour se livrer à la poésie. Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, voulut l’avoir auprès de lui.

Patrix suivit constamment ce prince dans la bonne et dans la mauvaise fortune, et après sa mort il fut attaché avec autant de fidélité à Marguerite de Lorraine, sa veuve. Il fit les délices de cette cour par son esprit et par son enjouement.

Sa gaieté l’accompagna jusqu’au tombeau : il répondit à ses amis qui le félicitaient d’être revenu d’une grande maladie, à quatre-vingts ans, et qui lui conseillaient de se lever : « Hélas ! messieurs, ce n’est pas la peine de me rhabiller. » Il composa, quelques jours avant sa mort, la pièce suivante, une de ses meilleures :

Je songeais cette nuit que de mal consumé
Côte à côte d’un pauvre on m’avait inhumé,
Et que n’en pouvant pas souffrir le voisinage,
En mort de qualité je lui tins ce langage :
« Retire-toi, coquin ! va pourrir loin d’ici ;
« Il ne t’appartient pas de m’approcher ainsi.
« Coquin ! (ce me dit-il d’une arrogance extrême)
« Va chercher tes coquins ailleurs, coquin toi-même !
« Ici tous sont égaux, je ne te dois plus rien :
« Je suis sur mon fumier, comme toi sur le tien. »

On lui attribue les plaintes des consonnes qui n’ont pas l’honneur d’entrer dans le nom de Neufgermain, dans les Œuvres de Voiture.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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