LA FRANCE PITTORESQUE
16 septembre 1560 : exécution
du faux Martin-Guerre
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Publié le mercredi 12 septembre 2012, par LA RÉDACTION
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Né à Hendaye, au pays basque, après dix ans de mariage avec Bertrande de Rols, dont il avait eu un enfant, Martin-Guerre fut obligé de passer en Espagne ; il y prit les armes, et le canon lui emporta une jambe à la bataille de Saint-Quentin.

Son absence durait depuis huit ans, quand on le voit, ou plutôt quand on croit le voir revenir : tout le monde le reconnaît, femme, sœurs et oncle ; on ne fait nulle difficulté de l’admettre dans tous ses droits d’homme et privilèges d’époux. Un soldat de Rochefort passe par hasard et publie que le vrai Martin-Guerre est en Flandre : on n’en tient compte. Cependant une altercation s’élève entre le neveu et l’oncle : celui-ci s’adresse à la justice. Le prétendu Martin-Guerre est interrogé : il répond de manière à confondre l’incrédulité même.

Il sait la vie de celui dont il porte le nom, jour par jour, instant par instant. Il en a d’ailleurs tous les signes caractéristiques, deux soubredents à la mâchoire inférieure, une cicatrice au front, un ongle du premier doigt enfoncé, trois verrues sur la main droite, une autre au petit doigt, une goutte de sang à l’œil gauche, etc.

Sur cent cinquante témoins, quarante le reconnaissent pour Martin-Guerre ; soixante n’osent se prononcer ; cinquante soutiennent que c’est Arnaud du Tilh, dit Pansette, du bourg de Sagies. En effet c’était lui : Martin-Guerre arrive de Flandre, et, malgré sa jambe de bois, prouve son identité.

Arnaud du Tilh, confondu, dévoile lui-même toute sa ruse. Par arrêt du parlement de Toulouse, il est pendu devant la porte de Martin-Guerre, et son corps jeté au feu. Ses biens furent adjugés à une fille qu’il avait eue de Bertrande de Rols, pendant les trois ans qu’elle avait habité avec lui de bonne foi.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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