LA FRANCE PITTORESQUE
8 septembre 1713 : publication
de la bulle Unigenitus
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Publié le vendredi 7 septembre 2012, par LA RÉDACTION
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Cette bulle condamne cent une propositions du livre du père Quesnel, intitulé : Réflexions morales sur l’Ancien Testament.

Pasquier Quesnel
Pasquier Quesnel

Elle excita beaucoup de troubles dans l’Eglise de France, parce que l’archevêque de Paris (le cardinal de Noailles) avait hautement approuvé le livre de Quesnel, et en avait accepté la dédicace. Plusieurs Mémoires disent que cette bulle fut fabriquée en France par le père le Tellier, et que le pape, pressé par Louis XIV, ne la signa qu’à regret.

Des Mémoires plus authentiques prouvent la fausseté de ce récit. L’examen du livre de Quesnel dura trois ans. Clément X[ y employa plusieurs théologiens célèbres, parmi lesquels il ne se trouvait qu’un jésuite. Ces théologiens eurent dix-sept conférences très longues, pendant lesquelles ils firent l’extrait des propositions condamnables ; elles furent ensuite soumises au pape et discutées devant lui, dans vingt-trois congrégations de cardinaux. Ce ne fut qu’après cet examen que l’ouvrage de Quesnel fut condamné.

La grande majorité des évêques de France accepta la bulle : il n’y en eut que sept qui s’unirent au cardinal de Noailles, et qui prirent le nom d’Appelants. Ce nombre s’éleva ensuite à quinze. Louis XIV mourut avant que cette dispute fût finie. Le cardinal de Noailles , élevé par le régent à la présidence du Conseil de Conscience, espéra qu’il ne serait plus inquiété pour la bulle ; mais le régent crut que la soumission de l’archevêque de Paris était nécessaire à ses vues politiques.

Ce prélat, après beaucoup de résistance, se rétracta ; et son mandement d’acceptation fut affiché le 20 août 1720. Le 4 décembre suivant, la déclaration du roi, en faveur de la bulle, fut enregistrée, à Pontoise, par le parlement de Paris qui était exilé.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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