LA FRANCE PITTORESQUE
2 septembre 1719 : mort
du jésuite Michel Tellier
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Publié le vendredi 31 août 2012, par LA RÉDACTION
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Michel TeIlier, jésuite, né près de Vire le 16 décembre 1643, professa d’abord avec succès les humanités et la philosophie. S’étant ensuite engagé dans la guerre que les jésuites faisaient aux jansénistes, il s’éleva par ses services aux premiers emplois de la société. Après la mort du P. Lachaise, en 1709, il devint confesseur de Louis XIV. Voici comme il parvint à ce poste important, suivant le récit que madame de Maintenon en faisait à de Caylus, évêque d’Auxerre :

« Après la mort du P. Lachaise, les jésuites présentèrent trois des leurs. Ils parurent en même temps devant le roi ; deux tinrent la meilleure contenance qu’ils purent, et dirent ce qu’ils crurent de mieux pour parvenir au poste éminent qui faisait tant de jaloux. Le P. Tellier se tint derrière eux, les yeux baissés, portant son grand chapeau sur ses mains jointes, et ne disant mot. Ce faux air de modestie réussit ; le P. Tellier fut choisi.

Il avait raison de baisser les yeux, car il avait quelque chose de louche dans le regard ; on le fit remarquer au roi ; et on lui dit qu’il pourrait y avoir du danger pour madame la duchesse de Bourgogne, de voir cet objet pendant sa grossesse. Le roi balança quelque temps pour le renvoyer ; mais enfin il passa par-dessus, et le P. Tellier resta confesseur. »

Cet homme sombre, ardent, inflexible, cachant ses violences sous un flegme apparent, fit tout le mal qu’il pouvait faire dans cette place, où il était si aisé d’inspirer ce qu’on voulait et de perdre qui l’on haïssait. Il remua toute l’Eglise et tout le royaume, au sujet de la bulle Unigenitus. Il fit démolir Port-Royal, et passer la charrue sur ses ruines. Toutes les prisons furent remplies de citoyens accusés de jansénisme. Un grand nombre d’autres furent envoyés en exil ; mais après la mort de Louis XIV, tout changea. Le jésuite Tellier, chargé de la haine publique, fut exilé à Amiens, puis à la Flèche, où il mourut de désespoir.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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