LA FRANCE PITTORESQUE
13 août 1810 : mort du général
Jean-François de Menou
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Publié le dimanche 12 août 2012, par LA RÉDACTION
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Ce général, entre les mains duquel expira la célèbre expédition d’Egypte, était né à Boussay le 3 septembre 1750. Issu d’une famille que les armes avaient illustrée, il suivit la même carrière, et s’y distingua dès sa première jeunesse. La révolution le trouva parvenu au grade de maréchal de camp. Député aux Etats-Généraux par la noblesse de sa province, il y embrassa avec chaleur la cause de la liberté. Plus d’une fois il parut à la tribune, et détermina par son influence plusieurs résolutions importantes.

A mesure que la crise approchait de son terme, Menou, qui s’était vu d’abord à la tête du mouvement, se trouvait rejeté parmi ceux qui voulaient le contenir. Dans la journée du 10 août, il vint se ranger auprès des défenseurs de Louis XVI. Accusé par Chabot d’avoir fait partie des satellites armés contre le peuple, il fut sauvé par Barrère. Lors de l’insurrection du 1er<.sup> prairial (20 mai 1795), chargé de marcher contre le faubourg Saint-Antoine, il s’opposa courageusement à la volonté des commissaires, qui voulaient l’incendier. La Convention lui fit don d’une armure complète, et le nomma général en chef de l’armée de l’intérieur. La journée du 13 vendémiaire (5 octobre 1795) lui enleva tous ses emplois, parce qu’au lieu de mitrailler les sectionnaires, comme le fit Bonaparte, il perdit son temps à parlementer avec eux.

Arrêté le lendemain, traduit devant un conseil de guerre, il fut acquitté, grâce à la protection du jeune général, qui répéta hautement que, si Menou était coupable, les commissaires de la Convention ne l’étaient pas moins. Il demeura dans l’inaction jusqu’au départ de Bonaparte, qui l’emmena en Egypte, et lui donna le commandement d’une division. Dans toute cette campagne, Menou déploya plus de bravoure personnelle que de capacité pour le commandement. Poussant jusqu’à l’excès le respect des croyances nationales, il passa même pour avoir embrassé l’islamisme : du moins avait-il épousé une femme musulmane, et ajouté à son nom celui d’Abdallah.

Après l’assassinat de Kléber (14 juin 1800), Menou, comme le plus ancien général divisionnaire, prit le commandement en chef de l’armée d’Egypte. Revenu en France, Menou se présenta devant le premier consul, qui ne l’accueillit pas mal, et qui le nomma quelque temps après gouverneur général du Piémont. Envoyé à. Venise avec le même titre, Menou y termina sa vie.

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