LA FRANCE PITTORESQUE
8 août 1788 : mort du
maréchal de Richelieu
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Publié le mardi 7 août 2012, par LA RÉDACTION
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Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu , maréchal de France, de l’Académie française et de celle des sciences, né le 13 mars 1696 — il était fils d’Armand Jean de Vignerod, qui fut substitué au nom et aux armes de Plessis-Richelieu, par le cardinal de Richelieu, son grand-oncle —, fut un des hommes les plus brillants du dix-huitième siècle, et celui de tous les seigneurs français qui a le plus donné son esprit et son ton à ce siècle.


Le maréchal de Richelieu

Le directeur de l’Académie française, en recevant dans cette compagnie, le duc d’Harcourt, successeur du maréchal de Richelieu , peignit dans celui-ci un des héros de Fontenoy, le libérateur de Gênes, le conquérant de Mahon, le vainqueur de Closterseven, le général vraiment français, et fait pour guider des Français, « qui obtenait tout du soldat, en le menaçant seulement d’être privé de l’honneur de monter à l’assaut ou de servir à la tranchée ; l’homme aimable qui conquérait les cœurs comme les Etats ; le négociateur habile ; l’homme de cour fin et délié, sous les traits de l’audace et de la vivacité chevaleresque ; le héros brillant, célébré par nos muses les plus brillantes ; enfin l’Alcibiade de Voltaire. »

Il le compare à ce Thésée, dont Théramène retrace à Hippolyte, tantôt la valeur intrépide, consolant les mortels de l’absence d’Alcide, tantôt les amours volages, sa foi partout offerte et reçue en cent lieux. Les Hélène, les Péribée, les Ariape, tant d’autres dont les noms lui sont même échappés, éblouies de sa gloire, charmées de ses grâces, briguent sa conquête, déplorent son inconstance ; toutes le préfèrent, toutes sont préférées.

« La galanterie française rapproche avec complaisance les deux brillantes moitiés d’une si belle histoire, qu’on voit ensuite se terminer aussi noblement qu’heureusement dans le sein de la confiance, de la tendresse et de la vertu. Ici la scène change ; le héros prend un caractère plus imposant et plus vénérable : c’est le Nestor, dont nous avons admiré la vigoureuse vieillesse ; le Nestor des guerriers ; le Nestor de l’académie, qui a vu cette compagnie se renouveler tant de fois [il avait été reçu à l’Académie français en 1720 — ; plus longtemps académicien, plus longtemps doyen de l’académie que Fontenelle lui-même ; le Nestor, enfin, dont la carrière et si vaste et si pleine, embrasse par ses fortunes diverses, par ses exploits, par ses mariages, les trois plus longs règnes de la monarchie. »

On sait, qu’en effet, il a été marié trois fois sous trois règnes différents ; sous le règne de Louis XIV, il épousa, en 1711, Anne-Catherine de Noailles ; sous le règne de Louis XV, il épousa mademoiselle de Guise ; et enfin, sous, le règne de Louis XVI, il épousa madame de Routh.

Le duc d’Harcourt, dans sa réponse au directeur, retrace en militaire, en homme d’Etat, toute la carrière militaire et politique du maréchal de Richelieu. Né en 1696, il fit ses premières armes en 1712, dans les mousquetaires, et se trouva au fameux combat de Denain, où il était aide-de-camp du maréchal de Villars. Il continua de se montrer avec éclat dans toutes les guerres du siècle de Louis XV ; ce fut lui qui, à la bataille de Fontenoy en 1745, ouvrit le conseil de cette manœuvre militaire qui décida du gain de la bataille.

Lorsque le mariage du dauphin avec la princesse de Saxe eut été résolu, en 1746, il fut nommé ambassadeur de Dresde, et y étala toute la magnificence et la galanterie françaises. En 1747, il sauva du joug de l’Autriche, la ville de Gênes, qui lui fit élever une statue au milieu du sénat. Dans la guerre de 1756, il fit la conquête de l’île de Minorque, par la prise du Port-Mahon, et l’année suivante, il força l’armée combinée des Anglais et des Hollandais, à capituler à Closterseven, près de l’Elbe.

Les exploits militaires du maréchal de Richelieu se terminent à cette campagne. « Il est rare, dit le duc d’Harcourt, qu’un Etat se prive d’un chef que trois expéditions éclatantes paroissaient destiner à commander plus longtemps. » Le maréchal de Richelieu avait eu d’abord une jeunesse orageuse. A quinze ans, déjà follement présomptueux , il fut mis à la Bastille. Cette présomption folle, dont parle le duc d’Harcourt, avait pour objet madame la duchesse de Bourgogne ; elle était du genre de celle qui avait autrefois coûté la vie, en Ecosse, au jeune Chatelard, et dont l’objet était la reine Marie Stuart ; il retourna encore à la Bastille, pour d’autres galanteries, pour le moins audacieuses ; il y fut mis aussi pour des affaires et pour des intrigues politiques.

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