LA FRANCE PITTORESQUE
8 août 1548 : Henri II fixe que
l’effigie du roi sera portée sur la monnaie
(D’après « Paris ancien et moderne » (Tome 3) par J. de Marlès, paru en 1838)
Publié le mercredi 3 août 2016, par LA RÉDACTION
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Jusqu’à la fin du XVIe siècle, les monnaies étaient fort grossièrement travaillées, ce qui les rendait très aisées à contrefaire ; et c’est pour cela que de tout temps on a prononcé contre les faux-monnayeurs les peines les plus terribles.

La contrefaçon devenait surtout facile lorsque la disette de numéraire métallique obligeait le souverain à émettre de la monnaie de cuir, comme cela arriva vers l’an 1360 lorsque le roi d’Angleterre, Édouard III, envahit la France, et que Charles V le Sage encore dauphin, renfermé dans Paris qu’il avait bien approvisionné, le laissa user toutes ses forces dans l’inaction jusqu’à ce que le défaut absolu de subsistances l’eût contraint à une honteuse retraite. Cette monnaie consistait en morceaux de cuir au milieu desquels on attachait un clou d’or ou d’argent de forme diverse suivant la valeur de la pièce.

Double Henri d'or de 1558
Double Henri d’or de 1558. © Crédit photo : Comptoir des Monnaies

Ce ne fut que par un édit de Henri II du 8 d’août 1548 qu’il fut ordonné que l’effigie du roi serait désormais gravée sur les monnaies au lieu de la croix des anciennes pièces, et que l’année de la fabrication serait pareillement indiquée. On voulait par là rendre difficile la contrefaçon ; mais il n’était guère possible d’y parvenir par ce moyen, puisque les monnaies frappées au burin et au marteau ne pouvaient offrir entre elles une ressemblance parfaite, comme celles qui furent plus tard frappées par le balancier, dont l’empreinte invariable se grave sur toutes également. Il fut aussi réglé qu’on mettrait sur chaque pièce l’année de la fabrication, et le rang que le roi, dont elle portait l’image, tenait parmi ceux de son nom.

Pour statuer sur les accusations de fausse monnaie, il avait été établi une cour qui se composait d’abord des généraux ou maîtres des monnaies. François Ier y ajouta deux conseillers de robe longue et un président, un greffier et un huissier ; ce qui composa une chambre des monnaies que Henri II érigea en cour souveraine. Les débuts de cette dernière, créée en 1551, ne furent pas heureux, car tous ses membres à l’exception d’un seul, le second président, furent accusés et convaincus de malversation et de faux et condamnés à divers supplices.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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