LA FRANCE PITTORESQUE
2 août 1802 : Bonaparte
est nommé consul à vie
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Publié le samedi 1er août 2020, par LA RÉDACTION
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En exerçant le consulat, Bonaparte faisait l’empire. C’est surtout après la paix d’Amiens (25 mars 1802) qu’il jeta plus hardiment que jamais les bases de sa puissance future.

Faisant marcher de front trois grands projets, qui tendaient au même but, il voulut constituer le clergé, qui n’avait encore qu’une existence religieuse ; créer un ordre militaire, permanent dans l’armé ; rendre son propre pouvoir, d’abord viager, ensuite héréditaire.

Déjà un concordat entre la France et le pape avait été signé (15 juillet 1801) : bientôt la Légion d’honneur fut fondée. (18 mai 1802). Dès le mois de mars 1802, le Tribunat, qui conservait une apparence de liberté, s’était vu mutilé arbitrairement ; le Corps législatif subit une épuration du même genre. Réduit à quatre-vingts membres, le Tribunat, sur la proposition de Chabot de l’Allier, émit le vœu qu’il fût donné au général Bonaparte, premier consul, un gage éclatant de la reconnaissance nationale.

Napoléon Bonaparte Premier Consul, par François Gérard (1803)
Napoléon Bonaparte Premier Consul, par François Gérard (1803)

Conformément à ce vœu, le 6 mai 1802, un sénatus-consulte organique nomma Bonaparte consul pour dix ans de plus. Mais cette prolongation de pouvoir ne lui parut pas suffisante, et, deux mois après, le 2 août 1802, le Sénat, sur la décision du Tribunat et du Corps législatif, et avec l’assentiment du peuple, consulté par des registres publics, porta le décret suivant :

1. Le peuple français nomme et le Sénat proclame Napoléon Bonaparte premier consul à vie ;

2. Une statue de la Paix, tenant d’une main le laurier de la victoire, et de l’autre le décret du Sénat, attestera à la postérité la reconnaissance de la nation ;

3. Le Sénat portera au premier consul l’expression de la confiance , de l’amour et de l’admiration du peuple français.

On compléta cette révolution en accommodant au consulat à vie, et par un simple sénatus-consulte organique, la constitution du consulat temporaire. Les fonctions publiques et administratives s’immobilisèrent comme celles du gouvernement. Les électeurs furent à vie : le premier consul put augmenter leur nombre ; le Sénat eut le droit de changer les institutions, de suspendre les fonctions du jury, de mettre les départements hors de la Constitution, d’annuler les jugements des tribunaux, de dissoudre le Corps législatif et le Tribunat ; le Conseil d’Etat fut renforcé ; le Tribunat, déjà décimé par les éliminations, parut encore assez redoutable pour être réduit à cinquante membres.

Tels furent en moins de deux années les progrès du privilège et du pouvoir absolu.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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