LA FRANCE PITTORESQUE
2 août 1589 : Henri III
meurt à Saint-Cloud
()
Publié le mardi 31 juillet 2012, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article

Voici ce que rapporte le président de Thou à propos de cet événement : sitôt que ce prince sentit ses forces s’affaiblir, s’adressant à ceux qui étaient autour de son lit :

Henri III
Henri III

« Mes amis, leur dit-il, je ne me plains point de ma mort ; une plus longue vie m’aurait exposé à voir, à souffrir, à faire même beaucoup de choses contre mon gré... De combien de maux, d’horreurs et d’infamies n’ai-je pas été témoin !

« Combien d’outrages n’ai-je pas dissimulés, peut-être un peu trop patiemment, pour ne pas être réduit à la triste nécessité de verser le sang de mes sujets ! A quoi ont abouti tous ces ménagements ? A me rendre méprisable, et à redoubler l’audace de mes ennemis. Je me suis vu hors d’état de punir, suivant les lois, des traîtres, des perturbateurs du repos public, convaincus du crime de lèse-majesté.

« A tant d’attentats, mes ennemis ont donc ajouté le parricide, et ce qui m’est encore plus cruel, c’est que ma mort, en déshonorant à jamais le clergé, va couvrir d’une éternelle ignominie la nation française, qui jusqu’ici s’est toujours distinguée par son attachement pour ses rois ! »

Les ligueurs marquèrent une joie inexprimable de cette mort. L’effigie du moine parricide fut exposée sur les autels, à la vénération publique. On proposa de lui ériger une statue dans Notre-Dame, et d’en ôter, comme des tableaux profanes, tous ceux où se trouverait le portrait de quelques rois.

A Rome, le pape tint un consistoire, et y prononça un discours où il parla de l’action de Clément, « comme d’une entreprise si surprenante et si admirable, qu’il ne craignait point de la comparer à l’ouvrage de l’incarnation du verbe, et au mystère de la résurrection du Sauveur, célébré par le prophète Habacuc ; » il mit Jacques Clément fort au-dessus de Judith et d’Eléazar, et il conclut qu’un projet si glorieux n’avait pu être exécuté que par une conduite admirable de Dieu ; que lui-même n’aurait pu le croire, s’il n’avait soumis sa foi à la volonté toute-puissante du Seigneur ; qu’en conséquence il jugeait Henri III indigne des devoirs que l’on a coutume de rendre aux souverains après leur mort, parce que l’Ecriture défend de prier pour celui qui meurt dans le péché commis contre le Saint-Esprit, tel qu’était le péché du roi. »

Louise de Vaudemont, femme de Henri III, ne lui ayant point donné d’enfants, la mort ce ce malheureux prince éteignit la branche des Valois, qui avait régné deux cent soixante-et-un ans, et donné treize rois à la France. Henri III, roi de Navarre, descendant de Robert, fils de Saint-Louis, monta sur le trône, et commença la branrhe des Bourbons, sous le nom de Henri IV. C’est depuis ce temps que la Navarre est unie à la France.

Après la mort de Henri III, la plupart des grands seigneurs qui étaient dans son armée, refusèrent de reconnaître le nouveau roi de France, à cause de sa religion, et emmenèrent avec eux plusieurs régiments : ce qui obligea Henri IV de lever le siège de la capitale, pour aller chercher de nouveaux renforts.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE