LA FRANCE PITTORESQUE
27 juillet 1563 : les Français
reprennent le Havre
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Publié le vendredi 27 juillet 2012, par LA RÉDACTION
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Après de bien longues guerres, les Anglais avaient été chassés de toutes les places qu’ils avaient conquises sur la France ; cependant, par un traité fait en 1550, Henri II s’était engagé à rendre Calais dans huit ans aux Anglais : pendant cette époque il ne devait rien être entrepris de part et d’autre.

En 1562 , les Huguenots se trouvant hors d’état de résister aux troupes royales, signèrent un traité avec la reine d’Angleterre, Elisabeth : cette princesse s’engageait à leur fournir six mille hommes, et eux à lui livrer le Havre, où elle mettrait la moitié de ses troupes pour servir de retraite aux Huguenots. Ce traité fut exécuté ; mais le 18 mars-1563, les Huguenots avant fait leur paix avec le roi, Elisabeth ne retirait point ses troupes du Havre : elle s’était engagée à la garder pour le roi ; mais elle paraissait disposée à s’y maintenir pour se dédommager de Calais, qu’elle prévoyait bien qu’on ne lui rendrait pas ; et, en effet, les Français pouvaient prétendre, avec raison, que les Anglais avaient violé les conditions du traité de 1562, en secourant les Huguenots, et qu’ils étaient déchus du droit de redemander Calais.

Catherine de Médicis, qui sentait combien il était important de chasser les Anglais du Havre, profita de la paix qui régnait entre le roi et les protestants pour faire tous les préparatifs nécessaires au siège de cette place. Lorsque tout fut prêt, elle fit sommer Elisabeth de lui rendre la ville, et sur son refus, la fit assiéger sur-le-champ. Tous les Français se portèrent au siège avec une ardeur extraordinaire les Huguenots encore plus que les Catholiques, pour se purger du reproche qu’on leur faisait d’avoir introduit les Anglais en France.

La ville était défendue par une garnison de quatre mille hommes sous les ordres du comte de Warwick. Le siège était pressé avec la plus grande vigueur, la peste était dans la ville et affaiblissait chaque jour la garnison ; mais ce qui étonnait le plus Warwick, était de voir les Huguenots qu’Elisabeth avait assistés, se montrer ses plus rudes ennemis.

Ne voyant pas moyen de conserver la place, il la rendit le 27 juillet. Le lendemain, il parut à la vue du port, un secours de dix-huit cents hommes, qui devait être bientôt suivi d’un autre plus considérable.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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