LA FRANCE PITTORESQUE
12 juillet 1785 : mort de La Chalotais
(Louis-René de Caradeuc), magistrat français
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Publié le mercredi 11 juillet 2012, par LA RÉDACTION
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La Chalotais doit l’éclat de son nom à ses talents, à son courage et à ses malheurs. Né à Rennes le 6 mars 1701, il remplissait la charge de procureur-général au Parlement de Bretagne. Lié avec Duclos, son compatriote, avec d’Alembert, Mably et plusieurs autres hommes célèbres de l’époque, ce fut lui qui lança la première foudre contre l’ordre fondé par Ignace Loyola, en lisant, vers la fin de l’année 1761, aux chambres assemblées de sa compagnie, le premier Compte rendu des constitutions des Jésuites : le second Compte rendu suivit à quelques mois de distance. On admira la force de style et de logique qui régnait dans ces factums, auxquels on soupçonna plusieurs mains d’avoir pris part. Pour qu’on ne l’accusât pas de vouloir tout abattre sans rien édifier, La Chalotais présenta, le 24 mars 1763, au parlement de Bretagne, son Essai d’éducation nationale, ou Plan d’études pour la jeunesse.

Les haines que le procureur-général avait soulevées contre lui par son attaque et par sa victoire trouvèrent un ardent fauteur dans le duc d’Aiguillon. A propos d’édits bursaux, de libertés et de franchises, une lutte s’engagea entre le Parlement de Bretagne et le duc, commandant de la province. La Chalotais fut arrêté et tenu dix ans au cachot avant de rentrer dans ses fonctions. « J’arrive à Rennes, écrivait La Chalotais, sortant de l’exil le 11 novembre 1775, il y a aujourd’hui dix ans que nous fûmes arrêtés. Je vais mener une nouvelle vie, grâce au roi Louis XVI et à la reine ; mais je crains bien qu’elle ne soit pas longue... Je ressens presque toutes les infirmités de la vieillesse, fruits d’une guerre aussi longue que celle de Troie. »

Après avoir consacré ses derniers jours à revoir son Plan d’éducation, La Chalotais mourut dans la quatre-vingt-quatrième année de son âge.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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