LA FRANCE PITTORESQUE
10 juillet 1584 : assassinat du
prince d’Orange, par Gérard
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Publié le mardi 10 juillet 2012, par LA RÉDACTION
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Lorsque les Provinces-Unies eurent, secoué, en 1579, le joug de l’Espagne, Guillaume Ier, prince d’Orange, qui les avait secourues de son argent et de son courage, fut déclaré chef de la nouvelle république, sous le nom de Capitaine, d’Amiral-général et de Stathouder. Philippe II, roi d’Espagne, voulant se débarrasser de ce dangereux ennemi, le proscrivit, et mit sa tête à vingt-cinq mille écus.

La réponse de Guillaume est un des plus beaux monuments de l’histoire ; de sujet, qu’il avait été de Philippe, il devient son égal, dès qu’il est proscrit. On voit dans son apologie, un prince d’une maison impériale, non moins ancienne, non moins illustre autrefois que la maison d’Autriche, un Stathouder qui se poste pour accusateur du plus puissant roi de l’Europe, au tribunal de toutes les cours et de tous les hommes. Il est enfin supérieur à Philippe, en ce que, pouvant le proscrire à son tour, il abhorre cette vengeance, et n’attend sa sûreté que de son épée.

Plusieurs assassins attentèrent à la vie du prince d’Orange ; enfin, Balthazar Gérard, Franc-Comtois, le tua dans Delft, aux yeux de son épouse, qui vit ainsi assassiner son mari, après avoir vu assassiner son père (l’amiral de Coligny), à la journée de la Saint-Barthélemy.

L’assassin subit la peine qu’il méritait le 13 juillet suivant. Il déclara que c’était pour expier ses péchés et pour mériter la gloire éternelle, qu’il avait formé ce grand projet d’assassiner le chef des protestants rebelles. Philippe ,II, plus odieux encore que ce fanatique, récompensa sa famille, et lui accorda des lettres de noblesse, pareilles à celles que Charles VII donna à la famille de la Pucelle d’Orléans, lettres par lesquelles le ventre ennoblissait.

Les descendants d’une sœur de l’assassin Gérard jouirent tous de ce singulier privilège, jusqu’au temps où Louis XIV s’empara de la Franche-Comté ; alors on remit à la taille la famille Gérard ; elle osa présenter ses lettres de noblesse à M. de Vanolles, intendant de la province ; il les foula aux pieds, et le crime cessa d’être honoré.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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