LA FRANCE PITTORESQUE
Précurseurs (Des) de Pasteur
mènent des expériences
sur la fermentation
(D’après « L’Education fondée sur la science », paru en 1904)
Publié le vendredi 16 septembre 2016, par LA RÉDACTION
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En 1904, le mathématicien Charles-Ange Laisant reproduit dans son ouvrage L’Education fondée sur la science, un document établissant la mise en œuvre, avant 1856, d’une expérience rappelant les ballons fermentescibles de Pasteur, cependant que ce dernier ne présentera ses propres travaux qu’en 1861
 

Je voudrais vous signaler encore une petite curiosité bibliographique que j’ai gardée précieusement depuis plus de quarante années, écrit Laisant. C’est un modeste Almanach de la chimie pour 1856, publié à Rouen et signé des simples initiales H. du M., dont je n’ai jamais découvert (ni d’ailleurs essayé de découvrir) le mystère.

J’y trouve, entre autres curiosités, une usine à gaz en miniature, obtenue au moyen d’une pipe de 5 centimes, d’un réchaud de cuisine et d’une poignée de terre glaise. J’y rencontre aussi, à propos de la conservation des viandes, un passage qui vous frappera certainement, lorsque vous vous souviendrez de l’époque à laquelle les lignes suivantes étaient écrites :

Louis Pasteur et sa maison natale
Louis Pasteur et sa maison natale à Dole (Jura)

« M. Malaguti (professeur de chimie agricole à la Faculté de Rennes) a appelé l’attention de ses auditeurs sur une expérience faite récemment par MM. Schroder et Dush, qui pourrait, a-t-il dit, contenir le germe d’un moyen de conservation fort bizarre. Ces messieurs ont conservé pendant vingt-cinq jours du bouilli plongé dans son bouillon, en renouvelant l’air contenu dans le récipient ; mais l’air qu’ils remplaçaient sans cesse était obligé, avant d’arriver au contact du bouillon, de parcourir un tube long de 60 centimètres et large de 5 centimètres, rempli d’ouate de coton.

« Il est possible qu’un jour on parvienne à populariser ce moyen, qui semble prouver que si l’oxygène est indispensable pour provoquer la putréfaction, dans quelques cas il a besoin de l’intervention de certains principes qui l’accompagnent dans l’air et qui jusqu’à présent nous sont encore restés inconnus.

« Toutefois, il nous semble que ces principes pourraient bien être des sporules de moisissures invisibles à l’œil, mais dont l’existence est démontrée par la production de la moisissure elle-même. »

Cela ne vous produit-il pas un peu l’impression d’une prophétie, qui ne porte du reste aucune atteinte à la gloire de Pasteur ? enchaîne Laisant.

De cette citation, qui pourrait paraître un hors-d’œuvre, je tirerai seulement une conclusion : c’est que l’histoire de la science, surtout celle des sciences physiques, devrait tenir dans notre enseignement, à tous les degrés, une place plus importante.

N’est-il pas plus intéressant pour l’esprit d’un enfant, de suivre les progrès d’une idée, d’être initié à la vie des savants, à leurs luttes, à leurs efforts, plutôt que d’enregistrer la série des massacres et des crimes, de toutes sortes, et la chronologie sèche et vide qui composent assez généralement la substance de l’enseignement élémentaire de l’histoire ? conclut Laisant.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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