LA FRANCE PITTORESQUE
Faire un trou à la lune
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Publié le mercredi 21 septembre 2016, par LA RÉDACTION
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C’est se rendre invisible et disparaître pour se sauver à la faveur de la nuit
 

On a dit d’abord : Faire un pertuis (trou) en l’air. Plus tard, cette expression a changé et l’on a dit : Faire un trou à la nuit ou dans la nuit, toutes expressions voulant dire : Prendre la fuite, s’évader, partir en secret pour se dérober aux recherches.

Le mot lune s’est substitué au mot nuit dans la dernière forme actuellement en usage ; mais l’idée n’a pas dû changer pour cela, puisque la lune, par périphrase, se prend pour la nuit.

On trouve cette phrase dans Tallemant des Réaux (XVIe siècle) : « Quelquefois il disait : Depuis que mon père a fait un trou à la nuit, je me trouve plus à propos que jamais. » Et cette autre phrase du même auteur : « Pour Crullembourg, au bout de trois mois, il fit un trou dans la nuit. »

Si donc, faire un trou à la lune, n’est qu’une transformation de l’expression faire un trou à la nuit, on pourrait s’égarer à vouloir rendre compte du mot lune même. Voici une explication qui paraît assez probante :

Autrefois, le terme des contrats et des paiements était ordinairement fixé à la lune qui précède et détermine la fête de Pâques avec laquelle commençait l’année, sous la troisième dynastie de nos rois jusqu’au règne de Charles IX. C’est pour ce motif que les débiteurs qui ne payaient pas plus à l’échéance de la pleine lune que s’il n’eut pas été pleine lune, furent supposés faire une brèche ou un trou à la lune.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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