LA FRANCE PITTORESQUE
Tenir le haut du pavé
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Publié le lundi 9 novembre 2015, par LA RÉDACTION
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Avoir l’avantage de l’emporter sur une autre personne par ses talents, ses richesses ou sa position
 

Autrefois les rues n’étaient pas comme elles le sont aujourd’hui : elles présentaient deux parties en pente aboutissant à un ruisseau placé au milieu. La partie du pavé qui était du côté des murailles s’appelait le haut du pavé et celle qui côtoyait le ruisseau le bas du pavé.

L’étiquette voulait alors que, lorsque deux personnes parcouraient la même rue, dans un sens identique ou dans un sens contraire, la plus élevée en titres prît le haut du pavé et l’autre le bas du pavé, fait dont la preuve nous est fournie par A. de Courtain (1679) dans son traité de la civilité française :

« Que si nous sommes obligez d’aller dans les rues à costé de ces personnes qualifiées, il faut leur laisser le haut du pavé et observer de ne pas se tenir coste à coste (côte à côte), mais un peu sur le derrière, si ce n’est quand elles nous parlent et qu’il faut répondre et alors il faut avoir la teste (tête) nue. »

« Surquoy (sur quoi) il est bon d’engager ceux qui ont droit de souffrir qu’on leur cède toujours le haut du pavé, d’avoir un peu de considération pour ceux qui leur rendent cet honneur. Que si on rencontre dans les rues teste à teste une personne de qualité, il faut prendre le bas du pavé où est le ruisseau. »

Le droit de prendre le haut du pavé constituait un privilège et un privilège est un avantage. L’étiquette de la cour de France date du règne de François Ier. L’expression, créée pour répondre à l’honneur adjugé par l’étiquette, doit remonter vers l’année 1515.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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