LA FRANCE PITTORESQUE
Se faire de la bile
()
Publié le dimanche 25 décembre 2011, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Se tourmenter, s’inquiéter à tout propos
 

Une vive émotion de l’âme peut produire une surabondance de bile, la colère étant la plus forte des émotions ; on lui attribue l’augmentation de cette bile qui est sécrétée par le foie.

Planche anatomique du XVIIIe siècle tirée de l'Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers
Planche anatomique du XVIIIe siècle
tirée de l’Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné
des Sciences, des Arts et des Métiers

Il en est résulté que, prenant la cause pour l’effet, on a voulu indiquer la colère par le mouvement de la bile, comme le confirment les exemples suivants pris, d’abord dans Molière : « Ce discours m’échauffe la bile », puis dans La Bruyère : « Ils ont une bile intarissable sur les plus petits inconvénients » ; enfin dans ce vers de Boileau : « Et quel homme si froid ne serait plein de bile ! »

Voici une phrase où Voltaire a employé la même expression : « Il n’y a que la méchanceté orgueilleuse et hypocrite qui m’a quelquefois ému la bile. » On trouve dans madame de Sévigné : « Il ne faut pas que vous vous fassiez de la bile noire. » Jusqu’au XVIIe siècle, on a dit : Se faire de la bile noire, ce qui signifiait : Etre triste, s’ennuyer. Depuis, on a supprimé l’adjectif et actuellement on dit tout simplement : Se faire de la bile.

Nos ancêtres qui n’avaient pas étudié, autant que nous, la structure du corps humain et les éléments qui le composent, admettaient deux sortes de bile : la bile jaune qui existe réellement dans notre corps et la bile noire qui n’est qu’imagination. Voilà comment une expression qui a signifié : Se mettre en colère, en est arrivé à vouloir dire : S’ennuyer ou se tourmenter.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE