LA FRANCE PITTORESQUE
Renvoyer aux Calendes grecques
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Publié le samedi 11 juillet 2015, par LA RÉDACTION
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C’est renvoyer à une époque qui n’arrivera jamais
 

Chez les Romains, le paiement de l’argent prêté était fixé au commencement de chaque mois dont les premiers jours s’appelaient les Calendes. Alors les usuriers exigeaient le remboursement de l’argent qu’ils avaient prêté à un gros intérêt et c’est de là que le livre où ils enregistraient les noms de leurs débiteurs s’appelait Calendrier.

Il est nécessaire de dire, pour bien comprendre ce proverbe, que les Grecs n’avaient pas de Calendes. C’est pour ce motif qu’on employait à Rome ces mots : Renvoyer aux Calendes grecques, pour indiquer que l’on renvoyait quelqu’un à une date qui n’existait pas et qu’ainsi on refusait de remplir son engagement en ne payant pas.

Le Changeur et sa femme, par Marinus van Reymerswaleune (1539)
Le Changeur et sa femme, par Marinus van Reymerswaleune (1539)

L’auteur latin Suétone confirme le fait par celle citation : Quum aliquot nunquam soluturos significare vult : Ad kalendas graecas soluturos ait, ce qui signifie : Lorsqu’il veut parler de mauvais débiteurs : Ils payeront, dit-il, aux Calendes grecques.

Le mot Calendes vient du verbe latin cala, j’appelle, je convoque, parce que, au premier de ces jours, un pontife annonçait au peuple convoqué le retour de la nouvelle lune. Les Grecs avaient le verbe kaléo, qui signifie j’appelle.

Ce proverbe que l’on emploie pour indiquer que l’on ajourne quelqu’un à une époque qui ne peut arriver doit être considéré comme équivalant à d’autres expressions aussi vulgairement usitées, telles que : Cela arrivera dans la semaine des quatre jeudis ou bien encore : Quand les poules auront des dents.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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