LA FRANCE PITTORESQUE
Rengainer un compliment
()
Publié le dimanche 18 décembre 2011, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Retenir un compliment qu’on aurait préparé et qu’on allait faire, parce qu’on s’aperçoit que les circonstances ont cessé d’y être favorables ou opportunes
 

L’abbé Tuet (XVIIIe’ siècle), auteur d’un ouvrage sur les proverbes ayant pour titre : les Matinées Sénonaises, y pense que cette locution nous vient de Molière. Dans le mariage forcé, Alcidas dit à Sganarelle en lui présentant deux épées :

Monsieur, prenez la peine de choisir de ces deux épées, laquelle vous voulez.

SGANARELLE
De ces deux épées ?

ALCIDAS
Oui, s’il vous plaît.

SGANARELLE
A quoi bon ?

ALCIDAS
Monsieur, comme vous refusez d’épouser ma sœur, après la parole donnée, je crois que vous ne trouverez pas mauvais le petit compliment que je viens vous faire.

SGANARELLE
Comment ?

ALCIDAS
Je viens vous dire civilement qu’il faut, si vous le trouverez bon, que nous nous coupions la gorge ensemble.

SGANARELLE
Voilà un compliment fort mal tourné.

ALCIDAS
Allons, Monsieur, choisissez, je vous prie.

SGANARELLE
Je suis votre valet, je n’ai pas de gorge à me faire couper. (A part) La vilaine façon do parler que voilà.

ALCIDAS
Monsieur, il faut que cela soit, s’il vous plait.

SGANARELLE
Eh ! Monsieur, rengainez ce compliment, je vous prie.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE