LA FRANCE PITTORESQUE
Qui a bu, boira
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Publié le dimanche 18 décembre 2011, par LA RÉDACTION
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Il est fort difficile de se défaire d’une ancienne habitude
 

Les mauvaises habitudes ont, en effet, pour résultat ordinaire d’avilir et d’énerver tellement les âmes dont elles s’emparent que celles-ci ne peuvent plus jamais retrouver assez de force et de volonté pour se vaincre.

Il est très rare que l’on puisse surmonter une passion dominante résultat d’une longue habitude ; les passions sont des jougs que nous ne pouvons pas secouer facilement et c’est par là que l’on peut connaître l’humanité.

Un proverbe latin dit : Semel malus, semper malus, ce qui veut dire : Une fois méchant, toujours méchant. Erasme a traduit cet autre du grec : Aliquando qui lusit, iterum ludet, ce qui signifie : Qui a joué une fois jouera une seconde.

L’amour du jeu et l’ivrognerie sont des passions dont on ne se débarrasse qu’avec beaucoup de peine parce que les occasions de les satisfaire se présentent à chaque instant ; c’est ainsi que l’on peut connaître l’humanité.

Un ancien auteur, appelé du Cerceau, dit des poètes :

Qui fit des vers, des vers encore fera ;
C’est le moulin qui moulut et moudra.

Et La Fontaine (Livre III, fable 7), rend bien la même pensée dans ces deux vers :

Chacun a son défaut où toujours il revient
Honte ni peur n’y remédie.

Voici pour terminer deux anecdotes qui s’appliquent parfaitement au sujet traité : « Un gourmand que son intempérance avait réduit à l’extrémité fit appeler son médecin qui lui donne à entendre qu’il lui faut se préparer à mourir : Ah ! qu’on m’apporte au plus vite le reste de mon poisson, s’écrie le moribond. Et cet avare qui, sur le bord de la tombe, pensait encore à garder tout ce qu’il possédait. Après qu’il eût donné bien malgré lui toutes ses propriétés, on lui demande à qui il voulait donner son argent ; Ah ! pour celui-là, je ne puis me résoudre à m’en séparer, je le garde. Disant ces mots, il trépassa. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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