LA FRANCE PITTORESQUE
On ne saurait plaire
à tout le monde
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Publié le vendredi 16 décembre 2011, par LA RÉDACTION
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Cette vérité n’a pas besoin d’être démontrée, elle ressort de la variété des opinions et des humeurs. Bias, un des sept sages de la Grèce, disait qu’il est impossible à un individu de plaire à tout le monde, à moins d’avoir la propriété d’un gâteau que chacun peut et désire manger. Nos aïeux disaient : On ne saurait plaire à tout le monde, à moins d’être un louis d’or, pièce de monnaie qu’en tout temps et en tous lieux chacun s’empresse d’accepter.

Qui ne connaît la fable de La Fontaine (Livre III, fable Ire) intitulée : Le Meunier, son fils et l’âne. En voici le résumé : Un meunier, accompagné de son fils, allait vendre son âne à la foire. Afin qu’il fût plus frais, on lui lia les pieds, et on le suspendit comme un lustre. Un passant, en voyant cela, traita ceux-ci d’idiots. Le meunier croit bien faire de détacher sa bête et de la laisser aller à sa guise. Puis, il y fait monter son fils et suit à pied.

Passent trois marchands qui critiquent cette façon d’agir et qui disent au vieux meunier que ce devrait être à lui de monter sur l’âne et à son fils de le suivre. Pour les contenter, le père fait descendre son fils et monte sur l’animal ; mais autre incident. Trois jeunes filles viennent à passer et critiquent cette façon de voyager. Le meunier, pour les satisfaire, met son fils en croupe ; mais, il n’a pas plutôt changé ses dispositions qu’une troisième troupe trouve encore à gloser :

Parbleu ! dit le meunier, est bien fou du cerveau,
Qui prétend contenter tout le monde et son père.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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