LA FRANCE PITTORESQUE
Noblesse oblige
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Publié le jeudi 9 juillet 2015, par LA RÉDACTION
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On doit agir en conformité avec la situation que l’on occupe
 

Ce proverbe qui rappelle le caractère de la vraie chevalerie indiquait aux anciens nobles qu’ils avaient plus de devoirs à remplir que les autres hommes. La noblesse leur étant transmise comme un héritage et, pour ne pas déroger à leur naissance, ils étaient tenus de soutenir l’éclat de leur nom par la pratique des vertus civiles et militaires qui l’avaient illustré autrefois.

On retrouve ce proverbe dans le passage suivant d’un ancien auteur : Hoc unum in nobilitate bonum, ut nobilibus imposita necessituda videatur ne a majorum virtute degenerent, ce qui veut dire : Il n’y a que ceci de bon dans la noblesse, c’est qu’elle semble imposer à ceux qui naissent nobles, l’obligation de ne pas dégénérer de la vertu de leurs ancêtres.

Au Moyen Age, dans les tournois, le héraut d’armes criait aux chevaliers : Souvenez-vous de qui vous êtes fils et ne fortignez pas (ne dégénérez pas). On lit dans Juvénal les vers suivants qui s’adaptent à ce sujet :

Malo pater tibi sit Thersites, dummodo tu sis
AEcidae similis...
Quam te Thercitae similem producat Achilles.

dont voici la traduction : J’aimerais mieux te faire voir le fils de Thersite, mais semblable à Achille, que fils d’Achille, mais semblable à Thersite. (Pour que cette pensée soit bien comprise, il faut savoir ou se rappeler qu’Achille était le type de la bravoure et Thersite le plus lâche de tous les Grecs qui allèrent à Troie.)

Corneille nous a laissé un vers empreint d’une grande véracité : « La naissance n’est rien où la vertu n’est pas. » Et Boileau ces quatre vers remplis d’un grand bon sens :

Fussiez-vous issu d’Hercule en droite ligne,
Si vous ne faites voir qu’une bassesse insigne,
Ce Iong amas d’aïeux que vous diffamez tous,
Sont autant de témoins qui parlent contre vous.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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