LA FRANCE PITTORESQUE
Le remède est souvent
pire que le mal
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Publié le lundi 5 décembre 2011, par LA RÉDACTION
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Une maladie peut mettre un patient en danger de mort ; un remède mal appliqué amène subitement sa fin
 

Si l’on veut guérir un enfant de la peur, il ne faut pas le soumettre à des épreuves trop fortes. Il faut savoir mesurer l’énergie du remède à la gravité du mal. Aussi, un médecin prudent ne traitera pas une indisposition momentanée par l’emploi de remèdes violents qui ne conviendraient qu’à une grave maladie et qui seraient capables de produire des accidents nouveaux ou plus sérieux.

C’est ainsi que, dans la vie, des mesures mal prises font échouer des affaires ; il faut savoir réfléchir auparavant aux conséquences qui pourront survenir et aux obstacles imprévus qui surgissent contre toute prévision. On connaît les plaisanteries de Lesage et de Molière sur les médecins qui faisaient plus de victimes par la saignée que s’ils avaient laissé les maladies suivre leurs cours. L’anecdote suivante, empruntée par Montaigne à Esope, est une démonstration de ce proverbe :

« Esope racontait qu’un malade étant interrogé par un médecin sur l’effet des médicaments qu’il lui avait donnés : J’ai fort sué, répondit-il. – Cela est bon, dit le médecin. Une autre fois celui-ci demanda encore comment il s’était porté depuis : J’ai eu un froid extrême et j’ai fort tremblé, répondit le malade. – Cela est bon, dit le médecin. Lorsque, pour la troisième fois, celui-ci demanda au patient de ses nouvelles, ce dernier répondit : – Je me sens enflé, comme attaqué d’hydropisie. – Voilà qui est très bien cette fois, répondit le disciple d’Hippocrate. L’un des domestiques étant venu sur ces entrefaites, auprès du malade pour s’enquérir sur son état : – Il y a, mon ami, répondit celui-ci, qu’à force de bien être, je me meurs. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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