LA FRANCE PITTORESQUE
Le dé en est jeté
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Publié le lundi 5 décembre 2011, par LA RÉDACTION
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Une résolution étant prise doit être exécutée quoi qu’il puisse arriver
 

C’est ce que dit Jules César lorsque, passant le Rubicon, il prit la résolution de ruiner l’ancienne liberté de Rome.

« Car étant arrivé sur le rivage de cette petite rivière, au-delà de laquelle il était défendu à tous, par arrêt du sénat, de passer avec une armée, il s’arrêta tout court, dit l’historien Suétone, et ayant balancé durant quelque espace de temps l’importance de son dessein, il se tourna du côté de ses troupes et dit : Il est encore en notre puissance de rebrousser chemin ; mais si nous passons au-delà de ce petit pont, c’en est fait, il faut tout emporter par la violence des armes.

« Comme il chancelait dans l’irrésolution, il vit sur l’autre bord du fleuve un certain spectre ayant la figure d’un homme de grandeur et de forme extraordinaire, lequel jouait du chalumeau : quelques bergers premièrement, et puis plusieurs soldats, entre lesquels se trouvèrent quelques trompettes, traversèrent le fleuve pour s’approcher du spectre qui, ayant arraché la trompette à un de ceux qui étaient passés, sauta agilement sur l’autre rivage, du côté du camp, sonna d’un ton effroyable le bouteselle ou la marche.

« César, voyant cela, franchit le pas et dit : Allons à la bonne heure là où la vision des Dieux et l’iniquité de nos ennemis nous appellent : Le dé en est jeté. Là-dessus, il fit avancer son armée et traversa le fleuve ».

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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