LA FRANCE PITTORESQUE
Jurer une chose
sur l’étiquette du sac
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Publié le vendredi 2 décembre 2011, par LA RÉDACTION
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C’est juger une affaire sur les apparences ou d’après certains propos dont on n’examine pas la valeur
 

Autrefois, les procédures s’écrivaient en latin et les hommes de loi avaient pour habitude de renfermer dans un sac les papiers et les documents relatifs aux procès.

On mettait sur ce sac une étiquette en parchemin sur laquelle on écrivait le nom des parties : elle en indiquait le contenu, mais n’en donnait pas une idée suffisante. C’était donc commettre une légèreté que de se borner à la lecture de cette étiquette pour juger ce que renfermait le sac.

Ces inscriptions variaient dans leur teneur, ainsi écrivait-on sur les étiquettes : Est hic quaestio inter N. et N., ce qui signifiait : Là est l’affaire entre N. et N. ; Puis, on a abrégé quelquefois et l’on a mis : Est hic quaest, ce qui était plus concis ; enfin, on a dit par corruption : Et hic quet ; de là à la formation du mot étiquette, il n’y avait qu’un pas à faire, c’est ce qui a dû arriver en observant la filière des transformations.

Que de gens, dans le monde, pour les choses les plus ordinaires, se laissent abuser par des promesses et ne jugent même les affaires les plus sérieuses que sur de simples indications et, comme l’on dit encore et avec raison : Sur l’étiquette du sac.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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