LA FRANCE PITTORESQUE
J’en mettrais la main au feu
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Publié le vendredi 28 mai 2021, par LA RÉDACTION
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C’est une façon énergique d’affirmer qu’une chose est vraie ou sûre
 

Cette manière d’affirmer qu’une chose dont on est sûr est exacte, provient de la protestation que font des innocents quand on les accuse.

Autrefois, dans les causes criminelles, les prévenus étaient soumis à certaines épreuves : le duel, l’eau ou l’huile bouillante, le feu auquel il fallait livrer la main. Les blessures, causées par une de ces épreuves, constataient la culpabilité. Cet usage a complètement disparu, mais l’affirmation en est restée.

On trouve dans une tragédie de Sophocle (l’Antigone vers 264) l’indication d’un pareil usage qui resta longtemps en vigueur dans le Moyen Age. Voici en quoi consistaient ces cruelles épreuves du feu :

L'Épreuve du feu, par Dirck Bouts le Vieux (vers 1475)
L’Épreuve du feu, par Dirck Bouts le Vieux (vers 1475)

« On obligeait les uns à porter, pendant l’espace de 9 à 12 pas, une barre de fer rouge pesant environ trois livres ou à marcher sur des charbons ardents. D’autres devaient revêtir leur main d’un gantelet sortant de la fournaise ou plonger la main dans un vase rempli d’eau ou d’huile bouillante pour en retirer un anneau qui se trouvait dans le fond. Ensuite, probablement pour faire montre d’humanité après avoir déployé la plus insigne cruauté, on enveloppait la main du supplicié avec un linge sur lequel les juges imposaient leurs sceaux. Trois jours après, on levait l’appareil et, si l’on ne voyait aucune marque de brûlure, (ce qui n’arrivait jamais après d’aussi terribles épreuves), on renvoyait l’accusé absous. »

De là, condamnation inévitable du malheureux sur lequel étaient conservées les traces des tortures.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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