LA FRANCE PITTORESQUE
Il n’y a pas de si petit chez soi
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Publié le mercredi 30 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Quelque agrément que l’on ait ailleurs, on est encore mieux dans sa propre maison
 

Rien n’est plus naturel que le goût de la propriété comme le désir de la liberté. Soyez maître de l’univers, il vous manquera toujours quelque chose, si vous n’êtes pas maître de votre personne.

Les Anciens donnaient le nom de royaume à la propriété. Cette pensée se retrouve dans cette phrase : Id nisi in tuo regno essemus non tulissemus, ce qui signifie : Si nous n’avions pas été chez vous, nous ne l’eussions pas souffert.

C’est donc quelque chose que de pouvoir se dire le maître d’un domicile même modeste et dans quelque endroit qu’il puisse être. La plus humble chaumière a pour le pauvre qu’elle abrite autant de charmes que pour le riche le château où il vit dans l’opulence. A ce proverbe répond cet autre. A chaque oiseau son nid parait beau.

Le poète Panard (XVIIIe siècle) a dépeint dans ces quelques vers le charme attaché à la possession du domicile qu’on habite :

Un petit asyle champêtre
Plaît toujours aux yeux de son maître.
Lorsque l’on se promène, il est bien doux de dire :
Je marche en ce moment sur quelque chose à moi.
Ce ruisseau dont le frais m’attire,
Ce tilleul, cet ormeau qu’agite le zéphire,
Cette fleur que je sens, cette autre que je vois,
Sont autant de sujets à qui je fais la loi.
Tout rit où l’on a de l’empire,
Tout est charmant où l’on est roi.

Outre le charme que l’on éprouve et que Panard a si gracieusement exprimé dans les vers qu’on vient de lire, il y a un sentiment de satisfaction, une sorte d’orgueil que l’on éprouve encore, lorsqu’on peut se dire : Je suis chez-moi je ne dépends de personne.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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