LA FRANCE PITTORESQUE
L’homme aérostatique prend
son envol grâce à l’air inflammable
(Caricature publiée en 1783)
Publié le dimanche 27 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Cette caricature devait jouir lors de son apparition, en 1783, d’une telle popularité, que la plupart des marchands-imagiers voulurent avoir leur homme aérostatique, ainsi nommé parce que, gonflé d’air inflammable, il était censé pouvoir voler dans les airs comme un ballon. L’homme aérostatique avec ses multiples histoires se retrouve, du reste, partout, jusque sur les éventails et les tabatières.
 
L'homme aérostatique

Légende de la caricature : « Un physicien ayant construit un ballon, employa pour le remplir d’air inflammable, deux seringues ordinaires. Surpris d’une colique à la suite d’une dispute qu’il avait eue avec un de ses amis aussi physicien, on lui fit prendre pour le guérir de l’eau de Cologne qui ne fit pas l’effet qu’on en devait attendre. Son neveu et la gouvernante résolurent de lui donner des lavements, et se servirent des seringues qui lui injectèrent l’air inflammable dont elles étaient remplies. Son ventre aussitôt s’enfla. Il fit plusieurs sauts dans sa chambre et finit par enfiler la fenêtre, la culotte sur les talons.

On le perdit bientôt de vue ; son bonnet a été trouvé à quelques lieues de Paris, et des chasse-marée ont rapporté que sa perruque était tombée à Rouen. On peut croire qu’il est à présent à caracoler vers le firmament sans qu’on puisse avoir nouvelle de lui. Ce fait a été annoncé dans le Journal de Paris du 3 octobre 1783, afin que si on le rencontre à l’endroit de sa chute, on le renvoie par la première occasion à M. Borné son neveu, rue Neuve Saint-Marceau. Sa taille est petite, il est maigre, la tête et les épaules larges, les emboîtures fortes ; son habillement est une robe de chambre d’ancien damas couleur de rose sèche, culotte de velours cannelle, des bas gris. Il n’a qu’un soulier attaché d’une petite boucle d’argent à jarretière. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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