LA FRANCE PITTORESQUE
Faire un trou
pour en boucher un autre
()
Publié le vendredi 25 novembre 2011, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
C’est contracter une nouvelle dette pour en acquitter une plus ancienne
 

Ce procédé est familier aux gens qui, au lieu d’économiser pour payer leurs dettes, font de nouveaux emprunts qui les mènent à leur ruine. Les Latins appellent cette façon d’agir : Versuram facere, ce qui veut dire : Faire un revirement, expression qui venait de ce que certains débiteurs changeaient de créanciers : Quod vertant creditorem.

Nous disons d’un homme perdu de dettes : Qu’il doit à Dieu et au diable. Les Anciens disaient d’une personne placée dans le même cas : Animam debet, ce qui signifie : Il doit son âme, parce que, par une de leurs lois un homme insolvable devenait la propriété de son créancier ; il était tenu de le payer par son travail, étant hors d’état de le payer en argent.

Chez les Gaulois, quand un Franc ne pouvait solder son créancier, il allait le trouver et, lui présentait une paire de ciseaux pour se faire couper les cheveux, il devenait son serf. Une loi des douze Tables, selon Aulu-Gelle, voulait que l’on coupât en morceaux le corps d’un homme insolvable, afin que chacun des créanciers pût en avoir sa part. Pour terminer, citons le proverbe, qui aujourd’hui a remplacé le premier, on dit : Découvrir Saint-Pierre pour couvrir Saint-Paul.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE