LA FRANCE PITTORESQUE
Faire danser
l’anse du panier
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Publié le vendredi 25 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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C’est le droit que s’attribuent les cuisinières lorsque, portant au bras l’anse de leur panier, elles y mettent les marchandises achetées qu’elles font payer à leurs maîtres plus cher qu’elles ne les ont payées elles-mêmes
 

Au lieu de laisser les marchandises bien arrangées dans leur panier, les cuisinières rusées secouent celui-ci par l’anse pour donner aux objets en désordre plus d’apparence. A ce proverbe on peut rapporter cet autre dont on se servait autrefois dans le même sens, celui de : Ferrer la mule. Effectivement, il n’y a rien de si facile aux domestiques que de tromper leurs maîtres sur le montant réel des dépenses que l’on ne peut pas toujours vérifier pour s’en approprier la différence, c’est un vol tout comme un autre.

Dans l’origine, les cuisinières regardaient comme un droit de se faire remettre une petite gratification par les fournisseurs de leurs maîtres : ce qui était moins blâmable. On rencontre des traces de cet usage dans ces quatre vers trouvés dans un opuscule intitulé : La Maltote des cuisinières ou la Manière de bien ferrer la mule.

Sur chaque fourniture il vous revient de droit,
Rôtisseur, épicier, chandelier [marchand de chandelle], tout vous doit.
De porter le panier ne soyez pas honteuse,
Et faites-vous payer le droit de la porteuse.

Terminons par ce quatrain :

Je m’accostois souvent de certaines servantes
Que je voyais toujours propres, lestes, pimpantes,
Et qui pour soutenir l’éclat de leurs atours,
Sur l’anse du panier faisoient d’habiles tours.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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