LA FRANCE PITTORESQUE
Dans le doute, abstiens-toi
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Publié le lundi 21 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Il vaut mieux se taire ou ne pas agir que de s’exposer à mal faire
 

Ce proverbe, empreint d’une grande sagesse, a été la devise, non seulement de tous les philosophes, mais encore des hommes sensés de tous les pays et de tous les temps. Savoir douter peut être, en bien des circonstances, un acte de raison et de justice, mais il ne faut pas, à cet égard, dépasser de justes limites.

L’origine de ce proverbe peut remonter fort loin, car on retrouve chez l’auteur latin Pline cette phrase que voici : Quod dubitas ne feceris, equitas enim lucet per se, dubitatur autem cogitationem significat injuriae, dont voici la traduction : Si tu doutes, abstiens-toi d’agir, car l’équité brille assez d’elle-même et le doute semble envelopper dans son obscurité quelque dessein d’injustice.

Un poète dramatique du XVIIIe siècle, Piron (1689- 1773) a traduit cette pensée par un conseil renfermé dans ce vers : « Ne décidons jamais où nous ne voyons goutte », ce qui est parfaitement raisonnable, car lorsque l’on doute de l’opportunité d’une affaire, il est préférable de ne pas l’entreprendre ; mieux vaut se désister que de s’exposer à subir des échecs ou des pertes. Ce proverbe, si judicieux, se trouve donc être en complète contradiction avec celui-ci : Qui ne risque rien n’a rien.

Citons, pour terminer, ces paroles de Bossuet : « Quand nous doutons de la justice de nos entreprises il faut se désister complètement. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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