LA FRANCE PITTORESQUE
C’est un pays de Cocagne
()
Publié le lundi 21 novembre 2011, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article

Cette locution proverbiale est une allusion à ce fameux pays de Cocagne qui n’a existé que dans l’imagination des Napolitains (qui disent cuccagna), où l’on devait trouver tout ce qu’il était possible de désirer. L’idée de ce pays est une réminiscence de l’âge d’or chanté par les poètes grecs. Chez les Latins, Ovide définissait par les mots suivants un pays rempli de délices : Terra ubi molliter vivitur (la terre où l’on vit dans la mollesse).

Pays de Cocagne. Peinture de Bruegel l'Ancien (1567)
Pays de Cocagne. Peinture de Bruegel l’Ancien (1567)

Cette expression sert de titre à un tableau du XIIIe siècle, où l’auteur raconte qu’étant allé à Rome, il fut envoyé par pénitence dans un pays tout particulier qu’il dépeint ainsi :

Ce pays a nom Cokaingne,
Qui plus i dort, plus i gaigne.

Dans les fêtes publiques à Naples, on élevait, au XVIe et au XVIIe siècles, pour l’amusement du peuple, une sorte de montagne représentant le Vésuve, d’où étaient lancées des quantités de choses bonnes à manger, comme des saucissons, du macaroni, etc., sur lesquelles la populace se jetait en se bousculant pour les attraper.

Le mot de Cocagne fut, paraît-il, introduit en France en 1688. On l’écrivit d’abord cocaigne, cokaigne, cokaine et coquaigne ; il tirait son origine du substantif latin coquina, qui veut dire cuisine, bonne chère, venant lui- même du verbe coquere, qui signifie faire cuire. L’idée de cuisine fait donc le fond de cette origine, qui semble être la meilleure. Il faut remarquer que, dans la langue celtique, cocaigne signifie très bon, bien fait.

La fable de Fénelon intitulée : Un voyage dans l’île des plaisirs, est une description détaillée d’un pays de Cocagne. N’a-t-on pas à ce propos fait ce vers : « Paris est pour un riche un pays de Cocagne. » Dans le théâtre de Le Grand, on trouve une comédie intitulée : Le Roi de Cocagne, où un bon paysan, nommé Guillot, écoute avec ravissement la description de l’île qui appartient au roi ; il est surtout émerveillé lorsqu’on lui dit que tous les palais sont faits de confiture ; il s’écrie alors : « Morguenne, que j’allons donc manger d’architecture. »

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE