LA FRANCE PITTORESQUE
C’est un guet-apens
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Publié le lundi 21 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Cette locution proverbiale remonte au Moyen Age et voici comment elle nous est parvenue. A cette époque, le vocabulaire français avait le verbe s’apenser, qui voulait dire se préoccuper et qui eut cours jusqu’au XVIIIe siècle. Le participe apensé se joignait souvent au mot guet, comme le prouvent les exemples suivants.

Le plus ancien (1477) est tiré des chroniques de Jean de Troyes. « Tous lesquels quatre de guet-apensé et propos délibéré vinrent assaillir le dit petit Jehan (Jean). » Plus tard, on changea apensé en à pens, append et même à pend, comme l’indiquent les exemples suivants. C’est Rabelais (XVIe siècle) d’abord dans son Pantagruel (tome III) : « Cestuy mary et son filz, occultement en trahison, de guet a pens, tuarent Abecé. » (Ce mari et son fils, en secret et par trahison, de guet à pens tuèrent Abecé.)

L’autre exemple se trouve dans le Dictionnaire de Furetière (1727) : « Il y avait six juges liguez (ligués) en ensemble pour me faire perdre mon procès, c’est un guet a-pens. » L’auteur Ghérardi (1741), dans son ouvrage intitulé : La Cause des femmes (tome II), s’est servi de cette locution dans cette phrase : « Venez- vous icy (ici) de guet à pend pour assiéger ma simplicité. »

Citons pour finir ces deux vers de Boursault (1758), où cette expression est écrite comme nous l’écrivons maintenant :

Un pli qui par hasard est resté dans ses draps
Lui semble un guet-apens pour lui meurtrir les bras.

Quoique, au pluriel, on mette un s au mot guet, des guets-apens on prononce le pluriel comme le singulier.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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