LA FRANCE PITTORESQUE
Au nouveau tout est beau
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Publié le lundi 21 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Ce qui est nouveau est désirable avant d’être dédaigné
 

Les innovations de tout genre, plus peut-être en France que dans tout autre pays, ont toujours trouvé beaucoup de faveur. Cette disposition de notre caractère national nous a été souvent nuisible. Ce qu’il y a de pis, c’est que l’expérience ne nous a pas rendus plus sages et que nous sommes, en général, toujours prêts à refaire les mêmes sottises. Ainsi, prenons un exemple dans la société où nous nous trouvons.

L’arrivée d’une personne de connaissance fait d’abord plaisir et, cependant quelquefois au bout de deux ou trois jours, on s’en lasse. Il en est de même pour les choses : a-t-on pu arriver à posséder ce que l’on désirait que, quelque temps après, cette possession nous laisse indifférents, quand elle ne nous déplaît pas : c’est le propre de l’inconstance inhérente à l’humanité.

L’auteur latin Plaute a dit dans le même sens : Piscis nequam est nisi recens, ce qui signifie : Le poisson n’est bon que lorsqu’il est frais. Un vieil auteur français, Meurier (1530-1617) a fait un jeu de mots sur cette pensée dans cette phrase : L’hoste et le poisson en trois jours font poison, ce qui en revient à peu près au proverbe des Espagnols : L’hôte, le poisson, passé trois jours, sentent mauvais.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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