LA FRANCE PITTORESQUE
Arriver comme marée en Carême
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Publié le lundi 21 novembre 2011, par LA RÉDACTION
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Ces mots signifient qu’une chose vient d’arriver à propos, au moment où on le désirait
 

La marée est dite chair de carême. Selon le rite catholique, le poisson constituant le principal des aliments dans le temps du Carême, il est naturel que la marée soit impatiemment attendue par ceux qui observent ponctuellement les usages religieux de ce rite. On conçoit alors que cette locution proverbiale ait pu devenir, par ce fait, le synonyme d’une chose qui vient à propos.

On n’ignore pas qu’un retard survenu dans l’arrivée de la marée fut la cause de la mort d’un personnage célèbre dans l’art culinaire, le maître d’hôtel Vatel. « C’était, en 1671, au château de Chantilly. Il y avait un grand souper ; mais le rôti manqua sur quelques tables ; cela saisit Vatel qui dit à plusieurs reprises : Qu’il était perdu d’honneur et que la tête lui tournait, qu’il ne survivrait pas à cet affront. Car ce rôti qui avait manqué lui revenait toujours à l’esprit. Pour comble de malheur, c’est la marée qui n’arrive pas au moment voulu pour la servir. Vatel attend quelque temps : sa tête s’échauffant, il n’y tient plus, monte à sa chambre et, fou de désespoir, se passe une épée à plusieurs reprises au travers du corps ; la mort s’en suivit naturellement.

« Cependant la marée arrive de tous côtés : on cherche Vatel pour la lui annoncer : on court à sa chambre, on frappe ; ne recevant pas de réponse, on enfonce la porte et on le trouve noyé dans son sang. Il n’y eut qu’une voix pour plaindre le malheureux maître d’hôtel ; on le loua même, mais on blâma son courage. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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