LA FRANCE PITTORESQUE
À force de forger on devient forgeron
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Publié le vendredi 12 janvier 2018, par LA RÉDACTION
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À force d’exercices on fait les choses mieux et plus facilement
 

Ce proverbe présente la même idée qu’un aphorisme en usage chez les Latins et s’énonçant ainsi : Taurim tollet qui vitulum sustulerit, ce qui signifie : Il portera un taureau celui qui aura porté un veau. Car, tout le monde sait que c’est à force d’exercices que l’on fait bien des choses et que l’on parvient à exceller dans une profession ou un état quelconque. Un seul exemple, tiré de l’histoire ancienne, suffira pour s’en convaincre.

Le grand orateur grec Démosthène avait, à ses débuts, la voix faible et la langue embarrassée ; il ne pouvait même pas prononcer certaines lettres. Sa respiration était si gênée et si courte qu’il devait s’arrêter dans une période un peu longue ; de là les moqueries des Athéniens. Démosthène vint à bout de vaincre les défauts de son organe en mettant dans sa bouche de petits cailloux, débitant ainsi, à haute voix, plusieurs phrases de suite, tout en marchant et même en gravissant les montées.

Ces exercices furent couronnés de succès, en ce que, par la suite, nulle lettre ne put l’entraver dans son débit oratoire et que les plus longues périodes ne lui coupaient plus la respiration. Il fit mieux encore : pour s’habituer aux murmures des foules, il se rendit sur les bords de la mer, au moment où les flots étaient le plus agités.

Là, il y déclamait ses immortelles harangues, s’efforçant de dominer le bruit de ces flots qui lui remplaçaient les cris du peuple. Cet orateur fut récompensé de toutes ses peines en devenant le plus éloquent de son époque ; ses œuvres, comme son nom, sont impérissables. Démosthène avait ainsi, peut-être un des premiers, mis en action ce proverbe : A force de forger on devient forgeron.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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