LA FRANCE PITTORESQUE
Procession de Valenciennes (Nord)
(d’après un récit paru en 1846)
mai 2002, par Redaction
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La Procession de Valenciennes fut instituée dans cette ville, en reconnaissance de la faveur signalée d’un Cordon précieux dont la sainte Vierge l’entoura, en 1008, pour la délivrer du fléau de la peste. On la célébrait le 8 septembre, jour de la Nativité. La procession se composait des magistrats ; du clergé des paroisses, avec les châsses contenant les reliques ; des religieux de toutes les abbayes du voisinage ; des ordres mendiants, avec les châsses de leurs saints ; de la confrérie du saint Cordon, dont les membres prenaient le nom de Royés ; des corps de métiers avec leurs insignes ; des pauvres des hospices ; et des compagnies bourgeoises. Cette procession sortait de l’église vers dix heures du matin et traversait la ville.

Pendant la marche, sept jeunes garçons dansaient dans des cerceaux, pour donner, dit-on, une représentation des sept planètes se mouvant dans leur orbite. Des individus figuraient Jésus portant sa croix. Sur l’un des chars qui suivaient, se trouvait la sainte Vierge, entourée d’un choeur d’anges qui chantaient ses louanges et tenaient à la main des rameaux de laurier-cerise. Chacune des compagnies bourgeoises avait un fou qu’on appelait Jean de Nivelle, lequel était habillé grotesquement, avec des grelots à son bonnet et à sa jaquette ; il était monté sur un cheval marin en carton, ayant une longue queue dont il se servait pour écarter la foule des enfants ; et il était armé en outre d’une arquebuse remplie de son qu’il soufflait sur la poitrine des femmes. Les armes de la ville étaient représentées par un lion en bois sur lequel était juché un petit garçon habillé à la hussarde, et deux cygnes, également en bois, portant aussi sur leur dos deux petites filles très parées.

A la porte Saint-Gilles était dressée une tente, sous laquelle on offrait des rafraîchissements aux magistrats et aux membres du clergé. Pendant ce repas, on promenait les châsses à l’extérieur de la ville, en suivant la ligne que, d’après la tradition, le cordon avait occupée. On chantait, durant ce voyage, le veni Creator, les Litanies des Saints, et, en rentrant en ville, le Te Deum. Les compagnies bourgeoises, divisées entre les cinq portes, accompagnaient les châsses. Le corps des Puchots, à cheval et en habit rouge, escortait celle du saint Cordon jusqu’au lieu de Saint-Roch, où un dîner était préparé pour la confrérie de cette châsse. A quatre heures, la procession se remettait en marche pour rentrer à Notre-Dame la Grande, où les châsses restaient déposées pendant la neuvaine. A cette fête religieuse se joignaient des réjouissances civiles, telles que des jeux de balle, des courses, etc.

Une autre fête se célébrait autrefois à Valenciennes, le 25 juillet : la fête de Saint Jacques et de Saint Christophe. Elle consistait en jeux, en danses, en carrousels et en festins, qui avaient lieu sur les places, dans les carrefours et jusqu’au milieu des rues. C’était principalement le soir que les réjouissances devenaient le plus actives, et elles se prolongeaient toujours jusqu’à une heure avancée de la nuit.

On faisait choix, pour représenter une jeune mariée, de la femme la plus laide et la plus vieille du quartier, et, après l’avoir couverte de riches atours, on l’entourait de toute la pompe qu’on aurait accordée à une véritable cérémonie nuptiale, ce qui excitait au plus haut degré la joie des assistants. Toutefois, ces plaisirs nocturnes avaient de graves inconvénients, et ils furent abolis au mois de juillet 1547.

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