LA FRANCE PITTORESQUE
Faire grève.
Se mettre en grève
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Publié le vendredi 7 décembre 2018, par LA RÉDACTION
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Interrompre le travail dans le but de faire entendre ses revendications
 

On appelle généralement grève le bord d’une rivière ou d’une mer sur lequel, en se retirant, l’eau met à découvert du gravier, des galets ou du gros sable. À Paris, on désigna longtemps sous ce nom le rivage de la Seine avoisinant l’Hôtel de Ville, et, pour la même raison, la place située devant ce monument, s’est, pendant des siècles et jusqu’en 1803, appelée place de Grève.

C’est là que se firent les exécutions capitales jusqu’à la révolution de 1830, qu’avaient lieu les réjouissances publiques, et que, tous les ans, le prévôt des marchands et les échevins faisaient tirer un feu d’artifice à la Saint-Jean. C’était également sur cette place que, de temps immémorial, se réunissaient, le matin, les ouvriers en bâtiment, à l’effet de s’y renseigner mutuellement sur les travaux en voie d’exécution, et de s’y faire embaucher par les divers entrepreneurs ayant besoin d’un plus grand nombre de bras.

La place de Grève à Paris au XVIe siècle
La place de Grève à Paris au XVIe siècle

Au XIXe siècle, les questions relatives à une plus juste répartition, entre les patrons et les ouvriers, des fruits de leur travail commun et de l’élévation des salaires se sont agitées, et surtout dans ces groupes, où l’on demandait avant tout de pouvoir vivre par son travail.

Souvent le choc des intérêts mis ainsi en présence a causé de regrettables coalitions qui ont eu pour résultat de suspendre tout travail. Les interdits lancés sur tous les ateliers et tous les chantiers ayant amené encore plus d’ouvriers que de coutume, l’usage s’est établi, dans les divers corps d’état, d’appliquer le mot grève à toute interruption de travail provenant d’une coalition ; et aujourd’hui, on dit faire grève, se mettre en grève pour signifier, en parlant d’une catégorie quelconque de travailleurs, qu’ils exigent pour condition essentielle à la reprise de leur travail, volontairement abandonné, le redressement préalable des griefs qu’ils allèguent, griefs qui ont presque toujours pour objet une augmentation de salaire.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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