LA FRANCE PITTORESQUE
Valdrade
(née vers 840, morte en 888)
(Épouse illégitimement Lothaire II (roi de Lotharingie/Lorraine) en 862)
Publié le mercredi 13 octobre 2010, par LA RÉDACTION
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Fille de Walachon IV, comte de Wormsgau et d’Ida de Wormsgau, Valdrade de Wormsgau est également connue sous le nom d’Ermentrude d’Alsace ou d’Ermentrude de Wormsgau.

Lothaire II, qui en avait fait sa concubine depuis 857, un an après son mariage avec Theutberge, l’épouse en 862 grâce à l’appui de quelques évêques réunis en conciles successifs. Pour parvenir à ses fins, il avait suscité un délateur affirmant par serment qu’avant son mariage la reine Theutberge avait eu des habitudes criminelles avec son frère le duc Humbert. Theutberge s’était justifiée par l’épreuve de l’eau bouillante et avait été aussitôt reconduite en triomphe dans son palais, et rétablie dans tous ses honneurs, ce qui n’avait pas arrêté Lothaire.

En 863, le pape Nicolas Ier, convaincu de l’innocence de Theutberge et secrètement excité par des émissaires de Charles le Chauve, qui voulait profiter de cette dissension pour dépouiller son neveu, assemble à Rome un concile qui casse les actes précédents : il excommunie tous les évêques ayant pris part à leur rédaction et Lothaire est contraint de recevoir Theutberge pour épouse et de la traiter comme telle.

Mais, dès que le légat est parti, il fait revenir Valdrade, qu’il avait éloignée par bienséance, et relègue Theutberge dans un coin de son palais. La reine s’échappe et retourne à la cour de France. En 867, Lothaire conduit en Italie une armée au secours de l’empereur Louis, son frère, attaqué par les Sarrasins. Il avait le projet d’aller à Rome, se flattant de vaincre l’inflexibilité du pape et de le faire consentir à son divorce : mais Nicolas Ier étant mort (décembre 867) il se contenta d’écrire une lettre de soumission à son successeur, Adrien II, et se hâta de revenir dans ses États, où sa présence était nécessaire.

Ayant pris toutes les mesures propres à assurer la tranquillité de son royaume pendant son absence, il repassa en Italie, en 868, eut une entrevue à Rome avec le pape Adrien, lui fit des présents considérables, et en reçut de grands témoignages d’amitié. Avant de l’admettre à la communion, le pape lui fit jurer sur l’hostie, ainsi qu’aux seigneurs de sa suite, qu’il avait suivi exactement les ordres de son prédécesseur, et que sa rupture avec Valdrade était sincère et sans retour.

Lothaire et ses Français, surpris, effrayés, mais trop avancés pour pouvoir reculer, prononcèrent en tremblant le serment redoutable ; et le roi reçut du pontife une palme qui représentait la réussite de toutes ses entreprises, une férule indiquant le pouvoir de chasser les évêques qui s’opposeraient à ses desseins, et enfin une lionne qui représentait Valdrade. Mais, en quittant Rome, il fut attaqué d’une fièvre violente, et, s’étant fait transporter à Plaisance, il y mourut le 8 août 869. On ne manqua pas, d’après les préjugés du temps, d’attribuer cette mort à son parjure.

Lothaire eut de Valdrade trois enfants : Hugues, né vers 860 et auquel Lothaire donna le duché d’Alsace qu’il avait racheté, mais dont son fils ne put pas prendre possession, car non reconnu comme enfant légitime ; Berthe, née en 863 ; Gisèle (née vers 865 et morte vers 908). Il semble que Valdrade épousa en 868 Conrad, duc de Bourgogne-Transjurane, avant de mourir à Remiremont (Vosges) en 888.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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