LA FRANCE PITTORESQUE
Chunsène ou Chusinde ou Grinside
(née en ?, morte en ?)
(Concubine de Clotaire Ier vers 520)
Publié le mercredi 13 octobre 2010, par LA RÉDACTION
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On ignore quasiment tout de Chunsène, hormis le fait qu’elle donna vers 520 un fils à Clotaire, Chramne, qui connut une fin tragique. Envoyé par son père à la tête du royaume d’Auvergne à la mort de Théodebald (555) dont Clotaire récupéra les possessions, Chramne commença, selon Grégoire de Tours, à manigancer : « Caton avait noué amitié avec Chramne et reçu de lui la promesse que si à un moment donné le roi Clotaire venait à mourir, Cautin (évêque de Clermont) serait aussitôt chassé de l’évêché et lui préposé à l’église (...) Chramne résidait à cette époque chez les Arvernes. Or il accomplissait alors beaucoup de choses déraisonnables et c’est pourquoi son départ de ce monde a été accéléré. Il était en effet fort maudit par la population ».

Grégoire de Tours attribue à Chramne l’usage de la simonie qui est condamnée par les canons des conciles. Il rapporte que, manquant de foi à Clotaire, il vit qu’il ne pouvait manquer d’en être puni, et se rendit en Bretagne. Là, il se cacha, avec sa femme et ses enfants, chez Chonobre, comte de Bretagne. Wiliachaire, son beau-père, s’enfuit dans l’église Saint-Martin ; et alors, en punition des péchés du peuple et des moqueries qu’il faisait de cette sainte basilique, elle fut brûlée par Williachaire et sa femme.


Mort de Chramne et de sa famille

La ville de Tours avait déjà été consumée quelques années auparavant, et toutes ses églises étaient demeurées dévastées. Par l’ordre de Clotaire, la basilique du bienheureux saint Martin fut recouverte en étain, et rétablie dans tout son ancien éclat. Il parut alors deux armées de sauterelles qui, passant, dit-on, par l’Auvergne et le Limousin, arrivèrent dans la plaine de Romagnac (Romagnat, près de Clermont), et s’y étant livré un grand combat, s’acharnèrent les unes contre les autres. Le roi Clotaire, irrité de colère contre Chramne, marcha en Bretagne avec une armée et Chramne ne craignit pas de marcher, de son côté, contre son père.

Tandis que les deux armées étaient mêlées sur le champ de bataille, et Chramne avec les Bretons, commandant les troupes contre son père, la nuit arriva, et fit cesser le combat. Cette même nuit, Chonobre, comte des Bretons, dit à Chramne : « Sortir du camp contre ton père, c’est, selon moi, une chose qui ne t’est pas permise ; laisse-moi tomber cette nuit sur lui, et le défaire avec toute son armée. » Chramne, aveuglé, pense Grégoire de Tours, par la puissance divine, ne le permit pas, et, le matin arrivé, les deux armées se mirent en mouvement, et s’avancèrent l’une contre l’autre. Le roi Clotaire allait, comme un nouveau David, prêt à combattre contre son fils Absalon, pleurant et disant : « Jette les yeux sur nous, ô Dieu, du haut du ciel, et juge ma cause, car je souffre injustement de la part de mon fils ; regarde et juge avec justice, et prononce ici l’arrêt que tu prononças autrefois entre Absalon et son père David. »

Les deux armées en étant donc venues aux mains, le comte des Bretons tourna le dos, et fut tué. Après quoi, Chramne commença à fuir vers les vaisseaux qu’il avait préparés sur la mer ; mais, tandis qu’il s’occupait à sauver sa femme et ses filles, il fut atteint par l’armée de son père, pris et lié ; et lorsqu’on eut annoncé la chose à Clotaire, il ordonna qu’il fût brûlé avec sa femme et ses filles : on les enferma donc dans la cabane d’un pauvre homme, où Chramne, étendu sur un banc, fut étranglé avec un mouchoir, et ensuite on mit le feu à la cabane, et il périt avec sa femme et ses filles, en 560.

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