LA FRANCE PITTORESQUE
Journée des Aniers
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Publié le mardi 13 avril 2010, par LA RÉDACTION
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Le congrès assemblé, en 1511, à Mantoue, pour la pacification de l’Italie, ayant été rompu par les intrigues du pape Jules II, qui voulait à tout prix satisfaire sa haine contre la France, les hostilités recommencèrent entre les Français et les troupes du pape. Celles-ci s’étaient retirées sous les murs de Bologne, lorsque le maréchal de Trivulce vint canonner la ville. Les Bolonais lui ouvrirent leurs portes, et les Français, les bourgeois, les paysans des montagnes voisines, fondirent tous ensemble sur l’armée papale qui s’éloignait en désordre.

« Jamais, dit l’historien du bon chevalier sans paour et sans reprouche (Bayard), jamais ne feut vue si grosse pitié de camp ; car tout leur bagage y demeura ; artillerie, tentes et pavillons, et y avoit tel François qui lui seul menoit cinq ou six hommes d’armes du pape, ses prisonniers, et en fut un qui avoir une jambe de bois, appelé La Baulme, qui en avoit trois liés ensemble. Ce fut une grosse défaite et gentement exécutée. Ce bon chevalier sans peur et sans reproche y eut honneur merveilleux, car il menoit les premiers coureurs. »

Fleurange raconte d’où vint le surnom donné à cette journée : « Qui eust eu affaire, dit-il, le long du grand chemin, de hardes, malles et autres bagages, il y en eût trouvé assez ; et fit-on gros gain, et parce qu’il y eut tant de mulets pris dedans les fossés, sur le grand chemin et autres parts, fut nommé par les Français la journée des Aniers. » Ce fut après cette victoire que Trivulce écrivit à Louis XII que dorénavant « il coucheroit en lit, et ne porteroit plus que des éperons de bois ».

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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