LA FRANCE PITTORESQUE
Histoire de France : année 1543
(Règne de François Ier depuis le 1er janvier 1515)
Publié le vendredi 9 avril 2010, par LA RÉDACTION
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Henri VIII, déjà brouillé avec François Ier, acheva de rompre avec lui, sur ce que ce prince avait empêché le mariage qu’il voulait faire de son fils Edouard avec Marie Stuart, encore au berceau (c’est elle qui épousa depuis François II). Il se lie avec Charles-Quint, de qui il avait cependant reçu et à qui il avait fait de plus grands affronts, ce qui se pardonne encore moins. François Ier, de son côté, a recours de nouveau à Barberousse, avec lequel il traitait par le moyen du baron de la Garde, autrement dit le capitaine Paulin, son envoyé à Constantinople.

Lors d’une nouvelle campagne, François Ier fonde tout son espoir sur la coopération des Turcs. Il ne dépense pas moins de 800 000 écus pour attirer en Europe le roi corsaire Cheir Eddyn Barberousse, qui était amiral de Soliman. Ce roi d’Alger amène lui-même sur les côtes de Provence sa redoutable flotte ; un fils du duc de Vendôme, le comte d’Enghien, va l’y joindre avec un corps nombreux de noblesse française ; ensemble, ils prennent, le 10 août 1543, la ville de Nice, dernier asile du duc de Savoie, oncle du roi : ce prince n’avait cependant jamais donné aucun sujet de plainte à François, et n’était pas même en guerre avec lui.

Barberousse passe ensuite l’hiver à Toulon, ravageant sans ménagement la Provence, où il était reçu comme ami, et y enlevant des milliers de paysans pour recruter la chiourme de ses galères. La France ne pouvait recueillir aucune espèce d’avantage de la dévastation du comté de Nice ou des ravages en Italie, mais c’était elle qu’on accusait de ce que Barberousse, appelé par elle, avait enlevé sur toute la longueur des côtes, de Monaco jusqu’à la Sicile, des milliers d’esclaves : aussi, cet outrage fait à la religion, à la civilisation et à l’humanité, excita contre la France une réprobation si universelle qu’elle ne pouvait plus trouver en Europe un seul allié. Le roi du Danemark, avec lequel elle avait traité depuis peu, et les princes protestants d’Allemagne, rompirent toute relation avec elle.

La guerre se fait de tous côtés, dans le Luxembourg, en Brabant, en Picardie, en Piémont. Les Impériaux sont battus par les troupes du duc de Clèves, qui est obligé bientôt après de s’accommoder avec l’empereur. Le duc d’Orléans, revenu aux Pays-Bas pour réparer la faute qu’il avait faite l’année précédente, et ayant sous lui l’amiral d’Hennebaut, fait la conquête du duché de Luxembourg. Du Bellay prend Landrecies, que Gonzague de Mantoue voulut reprendre. Le roi lui fait lever le siège.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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