LA FRANCE PITTORESQUE
Histoire de France : année 1542
(Règne de François Ier depuis le 1er janvier 1515)
Publié le vendredi 9 avril 2010, par LA RÉDACTION
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La guerre recommence entre François Ier et Charles-Quint, à l’occasion du meurtre fait par l’ordre de Dugast, gouverneur du Milanais pour l’empereur, depuis la mort de Sforza, dans les personnes de Rincon et de Frégose, ambassadeurs du roi, celui-ci à Venise, et l’autre à la Porte. Au printemps 1542, François Ier partage ses forces en deux armées, qu’il confie à ses deux fils : le dauphin devait attaquer le Roussillon, le duc d’Orléans le Luxembourg. En même temps, le duc de Clèves, qui avait formé une armée d’aventuriers et de brigands pour conquérir la Gueldre, devait faire une diversion dans les Pays-Bas, et François avait promis de l’y seconder ; mais il manque de parole à ce duc, il le laisse écraser par les impériaux, et avant la fin de la campagne cet allié, qui reste seul aux Français, doit se soumettre aux plus dures conditions pour obtenir sa grâce de Charles-Quint.

Le duc d’Orléans avait eu d’abord quelques succès dans le Luxembourg ; mais ce jeune étourdi n’aimait dans la guerre que les hasards de la bataille : voyant qu’il n’avait aucune chance d’amener son adversaire à l’accepter, puisqu’il ne tenait pas la campagne, il licencie ses soldats le 10 août, et part à franc étrier pour les Pyrénées, afin de se trouver à la bataille qu’il ne doutait point que son frère, dont il était jaloux, livrerait aux Espagnols.

Son départ cause la perte de tout ce qu’il avait conquis dans le Luxembourg. Son frère n’était, au reste, pas plus que lui sur le point de livrer bataille. Charles-Quint n’avait point d’armée en Roussillon, mais il avait mis une bonne garnison dans Perpignan, profitant pour cela des lenteurs du dauphin, puis de celles du roi, qui avait envoyé à son fils ordre de l’attendre, mais qui, embarrassé par tout le luxe de la cour, ne se mouvait jamais que lentement. Quand le dauphin paraît, le 26 août, devant Perpignan, il est trop tard ; l’occasion de prendre la place est perdue ; après une suite de fautes, il faut lever le siège le 4 octobre sans avoir tiré aucun parti d’une armée de quarante mille hommes, pour laquelle le roi a dépensé des sommes énormes.

Première alliance de la France avec les rois du nord : ce fut avec Gustave Vasa, roi de Suède, à qui le roi envoie un ambassadeur nommé Richard, qui lui porta de sa part la marque de fraternité, comme on parlait alors, et l’ordre de Saint-Michel. La Suède, après avoir eu des rois, était devenue sujette de Marguerite de Waldemar, déjà reine de Danemark et de Norvège.

Après elle la Suède, au travers des feux des guerres civiles, reprit sa liberté, que lui enleva de nouveau le cruel Christiern, roi de Danemark. Canutson, grand général de Suède, affranchit son pays, dont il porta la couronne : ses enfants ne prirent que le titre d’administrateurs, jusqu’à ce qu’un second Christiern, plus cruel encore que son grand-père, reprit cette couronne pour la troisième fois. Ce fut alors que parut Gustave : ce prince du sang des rois, par un de ces prodiges qui n’appartiennent qu’aux héros, sortit du fond des forêts de la Dalécarlie pour triompher du Danemark et de son propre pays, qui combattait pour Christiern, et remonta sur le trône de ses ancêtres ; heureux si le changement de religion n’était point entré dans les moyens dont il se servit pour abattre les ecclésiastiques, qui d’ailleurs méritaient les plus sévères châtiments !

Le roi pardonne à la Rochelle sa révolte, en faveur de son repentir.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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