LA FRANCE PITTORESQUE
Carloman Ier
(né en 751, mort le 4 décembre 771)
(Roi des Francs : règne 768-771)
Publié le jeudi 4 février 2010, par LA RÉDACTION
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Fils de Pépin le Bref, frère de Charlemagne, il naquit en 751, devint roi en 768. Pépin le Bref avait partagé le royaume entre ses deus fils ; soit que les dispositions qu’il avait faites ne convinssent pas à ses héritiers, soit qu’un seul se trouvât mécontent de son lot, les seigneurs intervinrent, et divisèrent le royaume comme avait fait Charles Martel.

Mais cet arrangement éprouva encore quelques modifications ; chaque discussion nouvelle ajoutait à l’animosité déclarée entre les deux frères. Carloman, roi de Neustrie, de Bourgogne et d’une partie de l’Aquitaine, soupçonna toujours Charlemagne de vouloir se rendre maître de la France entière, et se tint avec lui dans un état continuel de défiance. Obligés d’unir leurs forces pour aller apaiser une révolte dans le duché d’Aquitaine, qui leur appartenait en commun, Carloman rebroussa chemin avec son armée, craignant quelque trahison s’il mêlait ses troupes à celles de Charlemagne.

Étant mort en 771, après un règne de 3 ans, la reine Gerberge, son épouse, qui sans doute partageait ses soupçons, s’enfuit avec ses enfants en Italie, et obtint un asile à la cour de Didier, roi des Lombards. Quelques-uns des principaux seigneurs de Neustrie et de Bourgogne imitèrent cet exemple. Charlemagne parut blessé de la méfiance de la reine Gerberge ; il s’en plaignit fastueusement dans une diète tenue à Valenciennes, et ne s’empara pas moins des royaumes de son frère, justifiant ainsi la fuite de ses neveux, et le peu d’amitié que lui avait témoigné Carloman.

Les historiens qui ont voulu tout admirer dans Charlemagne disent que ses neveux n’avaient point de droits à l’héritage de leur père, parce que la couronne étant devenue élective, il n’y avait plus de droits que ceux reconnus ou accordés par l’assemblée de la nation ; mais était-ce Charlemagne qui devait établir des principes subversifs de la monarchie, et préparer lui-même la ruine de ses descendants ?

La spoliation de ses neveux n’aurait été juste en politique que dans le cas où elle aurait eu pour but de préparer l’unité de la couronne ; et toutes les lois faites par ce prince ont prouvé que cette grande idée n’était ni dans son esprit, ni dans les mœurs de son siècle.

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