LA FRANCE PITTORESQUE
Les furies de l’Histoire
(par Bruno Fuligni)
Publié le jeudi 17 mars 2022, par LA RÉDACTION
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Quinze portraits de femmes qui ont marqué l’histoire par leur cruauté, leur sadisme et leur violence
 

En 1919, cependant que les députés débattent du droit de vote des femmes (qui ne sera adopté qu’en 1944), une large majorité ne craint pas de suivre les exhortations de leur collègue Louis Andrieux, vieux routier de la politique, ancien préfet de police, ancien ambassadeur, qui affirme que « le jour où les femmes seront parmi nous, les hommes seront meilleurs, les lois que vous ferez seront plus humaines. Le féminisme, s’il est permis de m’exprimer ainsi, apportera parmi nous plus d’humanité.

« La femme est meilleure que l’homme, poursuit Andrieux. Toute cruauté, toute violence lui répugne et, dans l’ordre des conflits nationaux ou internationaux, elle jouera son rôle pacificateur. Elle contribuera à éviter les luttes entre les citoyens, les luttes entre les nations, parce qu’elle a horreur du sang. » L’argument est-il bien solide ? Et sous des dehors féministes, l’orateur ne s’abandonne-t-il pas en réalité à un sexisme de bon aloi en considérant que la moitié du genre humain, par nature, serait étrangère à ces violences et guerres qui demeurent hélas la marque du pouvoir ?

Les furies de l'Histoire, par Bruno Fuligni. Éditions First
Les furies de l’Histoire, par Bruno Fuligni. Éditions First

Ce qu’il dit n’est pas vrai pour les souveraines des temps anciens qui eurent à lever des armées, à mater des révoltes, à étouffer des complots. Agrippine, Frédégonde, l’impératrice douairière Tseu-Hi ne procédèrent pas avec douceur, pour ne rien dire d’Irène l’Athénienne, qui fit crever les yeux de son fils afin de régner à sa place...

C’est absolument faux pour les criminelles de droit commun dont certaines se signalèrent par leur cynisme et leur cruauté sans bornes : la comtesse Báthory qui se baignait dans du sang de jeune fille pour entretenir son teint, la Saltykova qui punissait à mort ses servantes, Delphine Lalaurie l’esclavagiste sadique, Georgia Tann la trafiquante d’enfants volés, sans oublier Mme Bessarabo ou Domenica Walter, redoutables tueuses de maris...

De la mythique Clytemnestre à l’exaltée Valerie Solanas, les exemples foisonnent pour donner tort au bon vieux député Andrieux. Furies, harpies, gorgones, démones, vipères, mégères, sorcières, teignes, dragons, tigresses... les mots ne manquent pas non plus pour désigner ces femmes sans limites et sans compassion, qui consacrèrent leur vie à détruire celles de leurs contemporains, avec un évident plaisir à torturer et à tuer.

Et si la femme était tout simplement un être humain, capable du meilleur comme du pire ? Le pire se trouvant recensé dans ces pages.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Les furies de l’Histoire, par Bruno Fuligni. Éditions First
272 pages. Format : 14 x 22,5 cm. 18,95 euros
ISBN : 978-2-412052839. Paru en mai 2021

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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