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Voie sarde de Saint-Christophe-sur-Guiers :
passage ancestral dans la montagne
(Source : Le Progrès)
Publié le mardi 13 juillet 2021, par LA RÉDACTION
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Un ancien lit de rivière, creusé entre deux falaises, a représenté pendant longtemps l’une des seules possibilités de traverser la chaîne de l’Épine, près de Saint-Christophe-la-Grotte (Savoie)
 

Réaménagé au XVIIe siècle par les ducs de Savoie, le passage prend le nom de « route royale », ou « voie sarde ». Avant d’être délaissé au profit du tunnel des Échelles. C’est aujourd’hui une belle balade en accès libre. À compléter par la visite guidée des deux grottes proches de la voie sarde.

La puissance de la nature et la force des eaux est palpable dans le site. Ce défilé encaissé entre les montagnes, long d’un kilomètre, est à l’origine l’ancien lit d’une rivière formée par les eaux des torrents en période glaciaire. Impressionnant !

La voie sarde est à l'origine l'ancien lit d'une rivière formée par les eaux des torrents en période glaciaire
La voie sarde est à l’origine l’ancien lit d’une rivière formée par les eaux
des torrents en période glaciaire. © Crédit photo : SCALPFOTO

Sa situation géographique a incité les hommes à l’emprunter, puis à l’aménager. C’est en effet l’un des seuls passages naturels traversant la chaîne de l’Épine, près de Saint-Christophe-la-Grotte (Savoie), en Chartreuse.

Une route pour les diligences
Les Romains utilisent déjà ce passage spectaculaire, situé sur un axe de communication majeur, entre Lyon et Turin. Très important pour le commerce. On l’appelle alors « voie romaine ».

Après avoir été quelque peu délaissé au Moyen Âge, le défilé reprend du service au XVIIe siècle. Les ducs de Savoie décident de le transformer en route pour les diligences. Ce qui entraîne de grands travaux.

Un canal de dérivation permet de dévier les eaux. Pour éviter que le passage ne soit noyé en cas de fortes pluies. L’aménagement le plus important : la construction d’une rampe en pierres de taille, entre 1667 et 1670. À la sortie du défilé, cette rampe permet de rattraper le niveau de la plaine des Échelles.

Emprunté par Rousseau et le pape Pie VII
Ce passage stratégique prend alors le nom de « route royale », ou « voie sarde ». Car les ducs de Savoie sont aussi les souverains du royaume de Piémont-Sardaigne.

Un monument en l’honneur du duc de Savoie Charles-Emmanuel II, le promoteur des travaux, est érigé en 1674 à la base du défilé. Cette stèle de 12 mètres de haut témoigne de l’importance de cette voie et de sa fréquentation. Elle est même empruntée par des voyageurs célèbres. Comme Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe siècle. Ou encore le pape Pie VII, venant en France pour couronner Napoléon Ier Empereur, en 1804.

Selon la légende, les grottes ont constitué un refuge pour le célèbre contrebandier Mandrin
Selon la légende, les grottes ont constitué un refuge
pour le célèbre contrebandier Mandrin. © Crédit photo : SCALPFOTO

À la croisée des patrimoines naturel et historique
Et pourtant, la voie sarde est abandonnée en 1820. Napoléon la juge trop difficile. Il ordonne alors le percement du tunnel des Échelles, pour traverser plus aisément la chaîne de l’Épine. Aujourd’hui, c’est une belle balade en libre accès. À la croisée des patrimoines naturel et historique.

Que l’on peut compléter par la visite guidée des grottes de Saint-Christophe (http://www.grottes-saint-christophe.com), près de la voie sarde. La roche calcaire, merveilleusement sculptée par l’eau, présente des reliefs féeriques. Mis en valeur par de beaux jeux de lumière. Selon la légende, ces grottes ont même constitué un refuge pour le célèbre contrebandier Mandrin. Avant leur aménagement, bien sûr !

Musée de la Mine d’argent du Fournel : https://www.grottes-saint-christophe.com

Jeanne Palay
Le Progrès

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