LA FRANCE PITTORESQUE
Sarcophage mérovingien
mis au jour à Cahors
(Source : La Dépêche)
Publié le mardi 20 août 2019, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Avec cette découverte, le sol cadurcien vient de livrer une nouvelle tranche de son passé. Un sarcophage, un squelette, celui d’une femme d’âge avancé, ainsi que des couches mérovingiennes intactes pour nous éclairer sur Cahors au VIIe siècle.
 

Les sangles ont été glissées sous le couvercle. Doucement, elles se sont tendues sous la traction du godet de la tractopelle, puis le sarcophage s’est ouvert. Tirée d’une torpeur de quatorze siècles, la sépulture mérovingienne allait livrer ses secrets.

Serge Rigal, le président du département du Lot, assistait à cette scène singulière, entouré d’une dizaine de personnes, mardi 13 août dernier, à Cahors. Aucune ne quittait des yeux ce petit carré béant, creusé couche par couche à l’extrémité du parvis Bessières, presque face à l’église Saint-Barthélémy. Après les fouilles engagées le 22 juillet dernier, le dévoilement était proche. Le couvercle de calcaire précautionneusement ôté, laissait enfin apparaître un squelette dans sa cuve taillée.

Le sarcophage du VIIe siècle est en pierre calcaire, il est assez basique
Le sarcophage du VIIe siècle est en pierre calcaire, il est assez basique.
© Crédit photo : La Dépêche / Michaël Fabre

L’émotion de l’instant a vite fait place à la curiosité, satisfaite par les explications des archéologues de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) et de la cellule départementale d’archéologie du Lot. Pour son responsable Laurent Guyard : « Cette découverte est exceptionnelle à plus d’un titre ! La ville n’avait révélé jusqu’alors que peu de traces de cette période mérovingienne. Nous pensons que cela peut avoir un lien avec le monastère fondé par Didier de Cahors (600-655) au VIIe siècle, dont les textes font mention, mais dont la position n’est pas connue. L’autre fait majeur de cette découverte, poursuit-il, au-delà du sarcophage, c’est que nous avons ici près de 50 cm de profondeur de sol mérovingien non bouleversé, ce qui est très rare en France ».

Une mise au jour fabuleuse
Dans le cadre des mesures archéologiques préventives, début avril, des sondages ont révélé un potentiel particulièrement intéressant relatif à un site mérovingien. Avec l’accord de l’État et de la Drac, des fouilles programmées ont été prescrites, coordonnées par la cellule départementale d’archéologie du Lot et l’INRAP, à compter du 22 juillet. L’étude du site s’est poursuivie avec l’espoir de parvenir à identifier la fonctionnalité du lieu au VIIe siècle. Quant au défunt, ce sont les anthropologues de l’INRAP qui étudieront ses caractéristiques en laboratoire, pour mieux nous éclairer sur sa vie. Le sarcophage sera exposé dans le futur musée Henri-Martin.

Le squelette est celui d'une femme
Le squelette est celui d’une femme. © Crédit photo : La Dépêche / Michaël Fabre

C’est donc une mise au jour fabuleuse que vient de révéler Cahors. Et déjà, le défunt et sa sépulture commencent à livrer leur mystère. « Les anthropologues sont formels, il s’agit d’une femme et non d’un moine. Une personne qui devait avoir une certaine importance. Quant au site, nous y avons retrouvé des murs, des sols couverts de cendre et de charbon — peut-être une cuisine ? —, des tessons de poterie, du verre fragmenté et quantité d’ossements de volailles. Nous savons aussi qu’à l’époque le couvercle du sarcophage n’était pas enfoui. Mieux, il devait se trouver dans un lieu de passage car on voit parfaitement les traces d’usure de la pierre ».

Les archéologues s’interrogent désormais. Ce sarcophage était à sa place, mais laquelle ? À l’intérieur en tout cas, aucune trace de mobilier, juste quelques clous confirmant qu’un cercueil de bois s’y trouvait. Cette découverte n’a pas fini d’enthousiasmer les chercheurs, et fait l’objet depuis de mesures de protection.

Laetitia Bertoni
La Dépêche

Accédez à l’article source

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE