LA FRANCE PITTORESQUE
Traverser les Alpes en armure :
l’incroyable aventure
de passionnés d’histoire
(Source : France Bleu)
Publié le vendredi 5 juillet 2019, par LA RÉDACTION
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Une caravane de chevaliers va franchir ce samedi le Col de Mary (Alpes de Haute-Provence) pour rejoindre l’Italie, sur les traces de l’armée de François Ier. Le projet, soutenu par l’Université Grenoble Alpes, vise à comprendre l’exploit des soldats du XVIe siècle et à mesurer leur performance.
 

Quatre chevaliers en armure partent ce samedi de Maljasset dans les Alpes-de-Hautes-Provence pour franchir le col de Mary à 2 641 mètres d’altitude. Ils dormiront à la bergerie de Chiaperra en Italie avant de rentrer au point de départ dimanche. Accompagnés d’une troupe de civils en costumes du XVIe siècle et de la 27e brigade d’infanterie de montagne, ils cherchent à évaluer la performance physique des soldats français qui traversèrent les Alpes en 1515, quelques semaines avant la victoire de Marignan.

Pour Stéphane Gal, enseignant-chercheur à l’Université Grenoble-Alpes, tout est parti de la découverte d’une lettre de François 1er adressée à sa mère Louise de Savoie. Dans cette missive écrite en 1515, le roi de France, qui traverse les Alpes avec ses armées, se plaint de devoir porter l’armure : ça le « fâche fort de devoir porter le harnois parmi ces montagnes. »

L’idée d’une marche en armure sur les traces de l’armée de 1515 germe alors dans l’esprit de l’historien. « J’ai voulu retrouver les conditions dans lesquelles il pouvait être pour mieux comprendre la relation de l’homme à la montagne à cette époque et expérimenter moi-même ce que ces soldats pouvaient ressentir », explique-t-il.

Des armures du XVIe siècle
Le projet voit le jour grâce au mécénat de Mr Cameron, un chef d’entreprise australien fasciné par l’histoire du Chevalier Bayard, illustre figure des Guerres d’Italie. Patrick Ceria, vice-président de l’association Les amis de Bayard et triple champion paralympique de cyclisme, participe aussi à l’aventure. Pour se mettre dans la peau des chevaliers, les participants se sont fait fabriquer des armures par Gorges Jolliot, un batteur d’armure travaillant selon les méthodes du XVIe siècle.

Après sept mois d’entraînement, Stéphane Gal s’est habitué à cette enveloppe de métal de 14 kg. « Le centre de gravité se déplace, on est facilement déséquilibré. L’armure pince, frotte, meurtrit la peau, donc il faut porter dessous des vêtements adaptés, qui s’abîment très vite », constate l’historien.

L’équipement porté par Patrick Ceria pèse quant à lui 40 kg. « Il a fallu s’entraîner comme les sportifs de haut niveau, faire sa musculature petit à petit, en faisant attention à ne pas se blesser avec le métal, et atteindre le niveau adéquat pour pouvoir faire le parcours », raconte le sportif.

Une démarche scientifique
Au-delà de la dimension historique, l’expérience revêt aussi un intérêt scientifique. Des chercheurs de l’Institut national de recherche dédié aux sciences du numérique (Inria) en Rhône-Alpes ont mesuré les contraintes liées au port de l’armure sur l’amplitude des mouvements, en développant un système de reconstruction 3D.

Le projet est soutenu financièrement par le Labex ITEM, le CNRS, le département de l’Isère et la Société Bayard Capital. Il est aussi possible d’apporter des dons à Des chevaliers dans la montagne sur la plateforme de financement participatif Ulule.

Plateforme de financement participatif : https://fr.ulule.com/marchalp/
Blog de l’expédition : https://www.megapixailes.com/docu-chevaliers-dans-la-montagne/

Romane Porcon
France Bleu

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